Le Paradis retrouvé d’Halldór Laxness

Suite à ma découverte d’Halldór Laxness (voir l’article d’hier sur la Cloche d’Islande), j’ai emprunté un de ses romans plus tardifs, postérieur à son obtention du Nobel, Le Paradis retrouvé. Avant de parler du roman lui-même, une remarque en aparté qui viendra compléter mon regret de ne pas voir plus des oeuvres de cet auteur éditées en France : la traduction qui nous est proposée par Gallimard n’a pas pour langue source l’islandais mais l’anglais. Nous sommes donc en présence de la traduction d’une traduction,  procédé il faut l’avouer assez douteux même si l’on pourra dire en clichetonnant un peu que même sans langue intermédiaire, traduire c’est trahir. La réédition de 1990 aurait pu être l’occasion d’offrir une vraie traduction et de remplacer celle de 1966, mais cela n’a pas été le choix de l’éditeur. Dommage, donc, de ne pas chercher à mieux mettre en valeur l’oeuvre d’un auteur étranger aussi important…

laxnessMais venons-en au Paradis retrouvé.  Moins profondément politique que la Cloche d’Islande, ce roman suit le parcours d’un paysan , Steinar, dont la route croise à plusieurs reprises celle d’un prêcheur mormon venu chercher de nouveaux fidèles en Islande.  Séduit par la vision de l’Amérique offerte par le Mormon plus que par sa foi, Steinar va finalement céder et abandonner femme et enfants pour rejoindre cette nouvelle terre promise. En son absence, la propriété familiale ainsi que l’honneur des siens vont être bafoués.

J’ai retrouvé dans le Paradis retrouvé le lyrisme déjà présent dans la Cloche d’Islande et une certaine poétique des ruines qui semble chère à Laxness. Même si le sujet est plus intime, le fond est le même : ces deux romans permettent de sentir battre le coeur d’un peuple, qui se défendait hier contre l’agresseur danois, mais a fini par se perdre lui-même dans des valeurs et des rêves qui ne sont pas les siens.

Le parcours de Steinar semble parfois un peu trop long, et les dernières pages sont à ce titre éclairantes : la perte de Steinar n’est pas vraiment ce qui intéresse Laxness, car la ruine n’est qu’un prélude à une reconstruction identitaire. Si le roman peine parfois et manque du souffle épique qui animait la Cloche d’Islande, il permet cependant de comprendre l’itinéraire de Laxness, grand voyageur en éternelle interrogation quand à ses principes et sa spiritualité.

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