Insoupçonnable de Tanguy Viel

Dial M for Murder Poster

Après La Disparition de Jim Sullivan et Paris-Brest, je continue mon petit tour dans l’oeuvre de Tanguy Viel. Avant de s’attaquer au roman américain et à l’auto-fiction, Viel s’est essayé, à plusieurs reprises d’ailleurs, aux codes du roman policier. Insoupçonnable fait partie de cette « première période » de l’oeuvre de Viel.

De fait, l’intrigue d’Insoupçonnable s’articule autour d’ingrédients bien classiques du polar. Comme dans le Crime était presque parfait, les coupables sont en fait les héros et on est encouragé à prendre parti pour eux. Et, comme dans le célèbre film d’Hitchcock, la machine bien huilée qu’ils ont imaginée va s’enrayer.

viel_insoupconnablePas de meurtre au programme, pourtant, au début du roman : Lise et Sam veulent juste escroquer un riche commissaire-priseur, Henri Delamare, et son frère Edouard. Pour cela, Lise va tout faire pour épouser Henri et Sam se fera passer pour son frère. Après le mariage, un faux kidnapping permettra de récolter une substantielle rançon qui doit leur permettre de se faire oublier quelque part dans un coin perdu d’Amérique. Ce que Sam et Lise n’ont pas prévu, c’est qu’Henri aussi a ses secrets, et que ceux-ci vont se mettre en travers de leur route.

Viel est définitivement un auteur brillant, qui m’a fait passer un excellent moment avec ce roman alors que tout ce qui touche au genre policier, d’habitude, m’ennuie profondément. Il joue au chat et à la souris avec ses deux héros, escrocs assez minables qui semblent avoir trouvé leur plan dans un roman de gare et dont l’échec est prévisible dès le début. Pour autant, Insoupçonnable n’est pas aussi réussi que les deux romans que j’avais déjà lus de Viel : le plaisir de lecture est bien là, mais ce qui rendait par exemple la Disparition de Jim Sullivan exceptionnel, c’était le recul critique sur les codes employés, recyclés en quelque sorte, par l’auteur, et le jeu constant avec les attentes du lecteur. Même si Insoupçonnable est un roman séduisant, il me semble moins se démarquer d’un roman policier traditionnel, et ce en dépit de l’humour de Viel.

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L’illustration est un détail d’une affiche de Dial M for Murder (Le crime était presque parfait).
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