François Ier de Sylvie Le Clech

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Parmi les rois de France, François Ier fait partie, avec Henri IV, des plus populaires, de ceux dont l’image reste relativement positive. Mécène de Léonard de Vinci, frère de Marguerite de Navarre, commanditaire de merveilles de l’architecture de la Renaissance, souverain d’avant l’absolutisme : François Ier nous semble être un de ces rois éclairés qui feraient passer la monarchie pour un régime respectable.

En une grosse centaine de pages, Sylvie le Clech propose de retracer la vie de cet homme qui n’était pas, par sa naissance dans une branche cadette, appelé à régner mais qui a pourtant été à la tête du royaume de France pendant trente-deux ans.

françois premier le clechS’il est difficile de dire ce qu’est un bon roi, François Ier a en tout cas régné pendant une période de l’Histoire passionnante, et les défis qu’il a eu à affronter n’étaient pas des moindres, à commencer par la rivalité continuelle avec Charles Quint, dont l’Empire tient la France en étau. Les revirements incessants, pimentés par le jeu des alliances avec Henri VIII qui règne alors sur l’Angleterre, tiennent du roman. Mais les enjeux sont aussi ceux du rayonnement culturel, de l’expansion vers le Nouveau Continent qui vient d’être découvert, et des relations avec le Saint Siège – qui peut du jour au lendemain, au gré des changements de papes, bouleverser la donne politique -, lesquelles sont compliquées par l’émergence du protestantisme et les premiers germes des guerres de religion à venir.

On le voit bien, le format de cette biographie ne permet pas de rentrer dans les détails du jeu politique pourtant d’une richesse incroyable. Cette contrainte éditoriale amène Sylvie le Clech à négliger nombre d’évènements mineurs au nom de la vulgarisation ; paradoxalement, cette simplification rend la lecture souvent ardue : comment expliquer certaines décisions du monarque quand on n’a pas toutes les cartes en main ? Au bout du compte, Sylvie le Clech ne fait guère plus qu’effleurer le règne de François Ier. On pourrait s’en contenter si elle nous renseignait plus, d’un autre côté, sur l’homme. Malheureusement, on en restera aux idées communément admises : François Ier était un homme de lettres, mais aussi un séducteur, et un homme profondément attaché à sa mère et à sa soeur. Pour en arriver à ces conclusions, j’aurais pu me contenter de Wikipédia. J’ai donc été très déçu par cette biographie mais je ne m’avoue pas vaincu et compte bien lire un ouvrage plus approfondi d’ici peu !

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Vous aurez reconnu en en-tête la salamandre de François Ier, accompagnée de la devise « Nutrisco et extinguo ». Celle-ci provient du château d’Azay-le-Rideau.