BD : La Traversée du Louvre de David Prudhomme

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On a beaucoup entendu parler l’année dernière des derniers ouvrages publiés par Futuropolis en association avec le musée du Louvre : l’Art du chevalement de Loo Huy Phang et Philippe Dupuy et le Chien qui louche d’Etienne Davodeau. En attendant d’avoir entre les mains ces deux titres très alléchants, je me suis rabattu sur une autre publication de Futuropolis/Louvre Editions, sortie plus discrètement en 2012 : La Traversée du Louvre de David Prudhomme.

Avec 12 kilomètres de galeries – on nous l’indique dans les quelques pages de statistiques en annexe -, l’idée d’une traversée du Louvre a quelque chose d’aventureux : c’est déjà une petite épopée et la couverture semble nous lancer sur cette piste. Avec sa chapka et son sac à dos, examinant un cartel comme on examine une carte, le personnage principal de la Traversée du Louvre, qui n’est autre que l’auteur, semble en pleine campagne d’exploration. On fait difficilement plus mythique que le Louvre, avec ses fantômes de rois de France qui hantent les antichambres, ses sarcophages qui semblent faire revivre l’Egypte ancienne, son côté labyrinthique qui laisse supposer que quelque part se cache un Minotaure.Il y a bien des chemins à emprunter pour raconter une Traversée du Louvre et curieusement, David Prudhomme n’en emprunte aucun.

TraverLouvre_COUV.qxd:Mise en page 1L’album s’ouvre sur une visite de David Prudhomme au musée, en plein dans ses recherches sur la forme que prendra cette bande dessinée qu’on lui a commandée. Sa flânerie dans la grande galerie et ses premières observations lui donnent l’idée d’une suite de cases sans paroles, à l’image des tableaux accrochés au mur. Plus que les oeuvres, ce sont d’ailleurs les visiteurs qui intéressent David Prudhomme : leurs attitudes, leur comportement, de ceux qui se massent en troupeaux devant la Joconde ou la Vénus de Milo à ceux qui, dans une galerie plus confidentielle, s’abandonnent devant une oeuvre mineure dont ils semblent être les seuls à posséder la clé. On ne verra donc que peu les oeuvres, que Prudhomme voit comme des cases de bande-dessinée accrochées au mur ; il s’agit plutôt de s’interroger sur ce que le regard de chacun fait d’elles : la Joconde notamment, scrutée par des dizaines de visiteurs en même temps, semble provoquer des réactions d’une grande diversité et les cases qui lui sont consacrées sont d’une grande richesse : le spectacle est autant dans le tableau que dans la salle.

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De cette jolie idée, David Prudhomme tire une série d’instantanés, à la recherche d’échos entre les oeuvres et ceux qui passent devant : une guide agitant son parapluie pour battre le rappel des troupes se transforme en Liberté guidant le peuple, un couple enlacé reflète l’amour immortalisé d’un couple royal égyptien…. Ces croquis, parfois un peu hâtifs et étrangement (parfois grossièrement) colorisés, occupent une bonne portion de l’album. Si quelques-uns sont charmants, le résultat final manque d’un fil conducteur mieux élaboré : certes, toute traversée du Louvre est faite de flâneries et de hasard, mais la bande dessinée peine à rendre cette impression et a au bout du compte un air décousu et bâclé.

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