L’Origine de l’homme de Christine Montalbetti

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Le nom de Jacques Boucher de Crèvecoeur de Perthes vous dit-il quelque chose ? Celui du héros d’un roman sentimental, de l’époque romantique peut-être, le genre de patronyme inventé tellement transparent qu’il contient à lui seul tous les méandres d’une vie amoureuse triste à pleurer. A moins qu’il s’agisse d’un personnage d’aristocrate machiavélique dans un roman pseudo-historique aux grosses ficelles ? Vous n’y êtes pas du tout : Jacques Boucher de Crèvecoeur de Perthes a bien existé ; de 1804 à 1853, il travailla dans différents services de l’Inspection des Douanes entre Boulogne et Abbeville, profitant de son temps libre pour écrire quelques ouvrages que l’Histoire n’a pas vraiment retenus comme ses Romances, Ballades et Légendes de 1829. Car si l’Histoire a conservé la trace de ce personnage apparemment si banal malgré un nom si exceptionnel, c’est parce qu’il fut un des premiers à imaginer ce que nous appelons aujourd’hui la Préhistoire.

l'origine de l'homme montalbettiJ’ai pour ma part découvert le nom de Jacques Boucher de Crèvecoeur de Perthes en même temps que celui de Christine Montalbetti dans une des émissions de la semaine de la Fabrique de l’histoire consacrée à la Préhistoire (c’était en juin mais le podcast est toujours en ligne et je vous recommande vivement de vous y plonger, les quatre émissions sont passionnantes). Cette dernière était invitée pour parler de son roman l’Origine de l’homme, sorti en 2002, dont Jacques Boucher est donc le héros.

En ouvrant l’Origine de l’homme, je pensais par conséquent trouver le récit stimulant d’une grande découverte intellectuelle, des tâtonnements et de l’accumulation de preuves scientifiques qui ont amené cet homme à révolutionner notre vision d’un temps avant le Déluge, puisque l’histoire de l’humanité était alors pensée en termes bibliques. Ce que j’ignorais, c’est que malgré sa solide documentation, Christine Montalbetti avait d’autres projets pour Jacques de Perthes. De fait, la découverte en elle-même est rejetée dans les dernières pages du roman, et ce qui précède n’y fait que rarement allusion. De Perthes semble profiter de ses derniers mois d’anonymat pour renouer avec un ami d’enfance perdu de vue, Albert, puis pour faire un séjour en bord de mer avec une certaine Margot. De temps en temps, cependant, des hommes préhistoriques passent dans le cadre, fantômes du passé superposant deux temporalités qui vont bientôt se rejoindre.

Peut-être est-ce lié à la déception de mes attentes, mais j’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser aux longues considérations sur le mobilier du salon d’Albert et aux maigres conversations entre les deux vieux amis. Je n’ai pas plus ressenti de frisson à l’évocation de l’amour contrarié de Jacques pour Margot. Le style de Christine Montalbetti, tout en sauts de puces et digressions, a achevé de me désarçonner. En un mot comme en cent, j’avoue être complètement passé à côté de ce petit roman, faute peut-être d’y avoir projeté trop d’envies avant de le commencer.

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