La Répudiée d’Eliette Abecassis

torah

Rachel, la narratrice de la Répudiée, s’estime des plus heureuses. Son mariage a été arrangé par ses parents, certes, mais elle n’aurait pas pu tomber mieux : entre Nathan et elle, la distance respectueuse s’est très vite muée en tendresse puis en un amour et un attachement sincère. Mais dix ans après leur mariage, Nathan et Rachel n’ont toujours pas réussi à faire d’enfants. La loi du Talmud, qui considère la procréation comme le corollaire indispensable du mariage, autorise Nathan à répudier sa femme pour fonder un autre foyer. S’il hésite en raison des liens qui l’unissent à Rachel, son rabbin est plus catégorique et l’encourage à mettre fin à ce mariage infructueux.

eliette-abecassis-répudiéeLa Répudiée raconte, du point de vue de la femme rejetée, la fin humiliante de ce mariage. Eliette Abécassis y démontre la façon pernicieuse dont la loi religieuse emprisonne et rabaisse les femmes. Le roman commence de façon assez anodine, dans une écriture assez peu remarquable, mais se charge peu à peu d’une belle intensité au gré de quelques scènes fortes, comme celle où Rachel, bravant la règle de séparation totale entre hommes et femmes à la synagogue, admire son mari en train de lire la Torah. La sensualité avec laquelle il s’empare des rouleaux, sa ferveur qui se traduit aussi bien dans son regard que dans ses mouvements physiques, se placent en contrepoint de sa froideur dans le lit conjugal. Plus tard, avec tout son courage, Rachel se rend chez un gynécologue – brisant les tabous qui empêchent une femme de montrer son corps à un autre que son mari – et réalise que la stérilité de son couple n’est pas de son fait. Las, elle ne pourra rien en dire à Nathan, sous peine d’être condamnée pour son impudeur. Il est impossible pour elle de s’échapper de la souricière de la loi : entre résignation et explosion révoltée, le roman se termine de manière éclatante et retentissante, couronnant une jolie construction en crescendo qui ne peut laisser tout à fait indifférent.

platypus fullplatypus fullplatypus fullplatypus grayplatypus gray

Sur le même thème :

2 Comments

  1. Ce livre me tente beaucoup, comme tous les livres d’Eliette Abecassis en fait ! J’ai lu « Une affaire conjugale », qui parle d’un divorce, et j’avais adoré. Même si ce sont des histoires dures, j’aime sa façon de mettre les femmes à l’honneur là-dedans et de montrer les injustices qui existent encore du fait du sexe…

    • C’était la première fois que je la lisais et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Les problématiques abordées sont effectivement très importantes, il manque peut-être un petit plus en termes de style dans celui-ci… Je devrais peut-être en lire un autre, pour voir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *