La Maladroite d'Alexandre Seurat

Elle s’appelle Diana – ça n’est déjà pas un très bon départ dans la vie. Elle est maltraitée par ses parents. Elle est battue, affamée. Quand on lui demande d’où viennent les bleus et les marques sur son corps, elle répond qu’elle est maladroite. Lorsque le roman d’Alexandre Seurat commence, il est déjà trop tard pour la sauver.

Ce n’est pas par la voix de Diana qu’Alexandre Seurat, primo-romancier, choisit de raconter cette terrible histoire d’une enfance brisée, mais par celles des adultes qui l’ont croisée, entourée, et qui n’ont rien pu faire pour elle ; principalement ses instituteurs successifs, les directrices de deux écoles qu’elle a fréquenté, sa grand-mère et sa tante. Tous et toutes ont en commun d’avoir eu des soupçons sur les parents de Diana, sans réussir à les prouver avec suffisamment de force pour la leur faire retirer.

la-maladroite-e1438896993558Le sujet est dur, évidemment, même si Alexandre Seurat l’attaque par la bande, laissant le drame à la périphérie. L’idée de rassembler les témoignages et explications de ceux qui ont échoué à sauver Diana est assez pertinente, et fonctionne au moins un temps. Elle permet à Seurat de construire son roman plutôt intelligemment, même si le travail du style (qui aurait pu individuer un minimum chaque témoin – en l’état, tout le monde parle de la même façon) manque de finesse.

Malheureusement, l’idée initiale perd peu à peu de sa force et le roman finit par ressembler au synopsis d’un long, très long (bien que la Maladroite fasse tout juste cent pages) spot de prévention contre les violences domestiques. La faute à ce style qui manque de caractère, et à des personnages qui finissent par se réduire à des types sans épaisseur.

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5 Comments

  1. Suis d’accord aussi, l’histoire en elle-même marque mais impossible de ne pas marquer avec un sujet pareil, c’est trop facile. Et justement, niveau écriture, c’est trop facile, ça ne suit pas, ça ne réfléchit pas plus loin que l’idée de base. Ca plaira sûrement mais pas à moi.

    • Oh oui, ça plaît déjà beaucoup – ça bouleverse, ça secoue, ça retourne, même ! Mais en effet, pour moi il manque un véritable travail littéraire…

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