Il faut tenter de vivre d’Eric Faye

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Dès le premier chapitre, le ton est donné : s’il fallait trouver un modèle pour Sandrine Broussard, l’héroïne du dernier roman d’Eric Faye, ce serait Bonnie Parker. Et en effet, le parallèle ne sort pas de nulle part : même enfance miteuse, même rencontre qui bouleverse tout avec un Clyde qui sera l’éternel complice, même sentiment d’embrasser la liberté pour de bon en passant du côté du crime et de l’escroquerie.

Eric Faye se met donc dans les pas du couple de criminels le plus célèbre de l’Histoire, et invente avec Sandrine Broussard et son compagnon Julien des Bonnie & Clyde modernes. Avec un peu moins d’ambition dans le crime cependant : pas question de braquer des banques ; il s’agira plutôt d’arnaquer de vieux célibataires naïfs et riches en leur faisant miroiter une rencontre avec une jolie jeune femme à qui ils devront envoyer de l’argent pour payer un billet d’avion ou de train. En répétant l’opération un certain nombre de fois, le couple parvient à se payer une petite vie tranquille, jusqu’à ce qu’une de leurs victimes, plus en colère que les autres, mette la police sur leur piste.

faye-il faut tenter de vivreLe début de l’histoire suffit à cerner ce qui manque au roman d’Eric Faye : du panache, du souffle – le vent ne se lève jamais vraiment, contrairement à ce que le vers de Valéry dont est tiré le titre laissait entendre. Là où notre narrateur voit, dans Sandrine Broussard, une héroïne à la liberté folle ne se trouve qu’une pauvre fille un peu paumée, lâche, indécise, inconsciente. On voudrait être Bonnie et Clyde et on se retrouve escrocs à la petite semaine. On voudrait vivre à cent à l’heure mais on a tout juste de quoi se payer une deux-chevaux. On voudrait brûler la vie par les deux bouts mais les allumettes ont pris la flotte.

Le style falot et le narrateur flou et inconsistant n’aident pas à donner du caractère à ce récit de vie qui ne trouve un peu d’éclat que dans ses toutes dernières pages, au moment d’évoquer une possible rédemption pour Sandrine. Devenant plus intime, plus modeste, le texte trouve là, mais bien tard, un aboutissement inattendu.

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J’avais pourtant été prévenu par Adepte du livre

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2 Comments

  1. Voilà qui est regrettable alors qu’il y avait là bien des promesses… Le titre (de Valéry à Miyazaki…), le parallèle entre B&C et j’en passe. Si tout cela s’avère médiocre, j’ai beau aimer les publications de Stock, je ne m’attarderai pas sur ce titre.

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