La Plage de Marie Nimier

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Un été. Une île encore à moitié sauvage. Une femme, « l’inconnue », s’éloigne de toute civilisation pour retrouver une grotte au bord de la mer, sur la plage où elle a connu quelques instants torrides avec un homme, deux ans auparavant. Lorsqu’elle arrive sur place, les lieux sont déjà occupés par deux personnes : un homme aux allures de colosse, blond, bronzé, et une jeune fille dont il est peut-être le père. Commençant par les observer en secret, l’inconnue va finir par former avec eux un étrange trio.

la plage-marie-nimier-couvertureL’inconnue repense aux scènes de sexe vécues dans la grotte deux ans plus tôt, observe le colosse – qui, d’après sa description, doit être quelque part entre Rahan et Schwarzy – qui se tripote tranquillement sur la plage, se demande si la très jeune fille est vraiment sa fille ou si une autre relation les unit, pense régulièrement à son père avec qui elle entretient elle-même une relation manifestement très compliquée, et ajoute par-dessus quelques réminiscences qui semblent piochées au hasard, comme cette scène dans une piscine où un père dit à sa fille de « bien essuyer tous les petits coins ».

Bref, Freud se serait régalé et la Plage pourrait bien intéresser certains étudiants en psycho désoeuvrés à la recherche d’histoires poisseuses. La seconde partie du roman, qui voit l’homme et sa fille accueillir l’inconnue de leur côté de la plage, dissipe au moins un peu ces premières impressions désagréables en semblant faire l’éloge d’un certain état de nature, mais on revient toujours à cette drôle de tambouille furieusement repoussante. Marie Nimier a beau donner les clés de ce qu’elle essaye de faire (« Trois cartes d’un jeu de tarot qui, droites ou renversées, disent l’amour et son contraire, le désir et la perte, la métamorphose ou l’enfermement », au chapitre IV), on en ressort perplexe, vaguement nauséeux, et bien content d’en avoir terminé.

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3 Comments

    • C’est vraiment l’image que j’avais en tête quand il était question de ce colosse blond et bronzé ! Difficile de prendre ce roman au sérieux, du coup 😀

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