Le reste est littérature – Juin 2016

amadeo de souza cardoso - saint julien l'hospitalier

Comme chaque mois, petit bilan de mes activités culturelles hors littérature des dernières semaines. Pour le résumer en une phrase (pour les flemmards) : allez voir Amadeo de Souza-Cardoso au Grand Palais !

Dans mes oreilles

Deux nouveaux albums ont pris toute la place ce mois-ci… D’abord celui des Kills que j’attendais impatiemment après leur concert à la Cigale en mai, beau retour après cinq ans de silence, sur lequel on retrouve forcément ce qui fait leur marque de fabrique (rythmiques minimales bien calées, riffs secs et chant enragé) avec un petit supplément d’âme en plus… Après plus de dix ans de carrière, les Kills s’autorisent à arrêter de prendre des poses rock’n’roll un instant pour montrer un peu de vulnérabilité et de naturel : c’est plutôt étonnant et ça donne entre autres les plus belles ballades qu’ils aient jamais écrites.

Et puis, petit privilégié que je suis, j’ai pu écouter bien en avance le nouveau Metronomy qui fait la synthèse parfaite entre les sonorités robotiques et dissonantes de leur premier grand succès, Nights out, et les rythmes plus discoïdes des sommets de The English Riviera. Le tout en conservant la mélancolie qui leur sied si bien… J’ai pas mal replongé, du coup, dans tout ce que le groupe a sorti entre 2008 et 2010, quand ils se baladaient sur scène avec de gros phares accrochés autour du cou et que la « nu-rave » semblait être un genre plein d’avenir… En plus de l’excellent album qu’est toujours Nights out, il y a une foule de petits bijoux à redécouvrir sur les différents singles.

Sur scène, une déception avec Wild Nothing (le 20 juin au Point éphémère), concert sans énergie et sans âme, exécuté par un quatuor qui semble rechigner à s’investir dans ce qu’il joue. Les morceaux du dernier album, si élégants et si parfaitement troussés, héritiers directs d’une certaine pop anglaise (la meilleure, des Smiths à Kate Bush) méritent clairement mieux.

Tout l’inverse de Beach House (le 14 au Casino de Paris) qui ont prouvé encore une fois qu’ils sont un des meilleurs groupes de scène en activité aujourd’hui. On retrouve leur habituelle scéno à la fois minimaliste et grandiose – ce qu’on arrive à faire avec trois draps sur un fil à linge, quand on a des idées et de bonnes lumières ! – et toujours cette ambiance de grand messe qui s’installe dès le premier morceau, et les morceaux des deux derniers albums que j’entendais en live pour la première fois. Beach House, c’est le seul groupe qui change sa setlist tous les soirs mais arrive toujours à produire la setlist parfaite, à laquelle on ne peut rien retrancher ni redire, et le seul groupe qui parvient à me flanquer autant de frissons au bout du quatrième ou cinquième concert…

Beaucoup de (re)découvertes à part ça grâce aux « découvertes de la semaine » de Spotify. Puisque Magic n’est plus (et que je ne vais quand même pas acheter Rock and folk), il fallait bien trouver une autre source de recommandations. Celle-ci n’est pas plus mal qu’une autre et m’a déjà permis de repérer d’excellents artistes jusqu’alors inconnus pour moi comme Adult Jazz (qui fait la synthèse entre le meilleur de Yeasayer, les Dirty Projectors et le lyrisme de Volcano Choir, le groupe de Bon Iver), Cherry Glazerr  (un groupe de gamins de Los Angeles clairement too cool for school qui doit faire beaucoup de bruit dans le garage des parents), Isaac Delusion ou Swim Mountain. Si vous voulez les découvrir à votre tour, vous les retrouverez, avec quelques autres, dans ma playlist de juin :

 

Dans les musées

Un tour au Grand Palais et un tour à la BNF : un mois de juin plutôt modeste en termes de quantité, mais la qualité était au rendez-vous, notamment avec un immense coup de coeur pour Amedeo de Souza-Cardoso, étonnant peintre portugais du début du siècle dernier qu’il faut absolument aller (re)découvrir au Grand Palais avant le 18 juillet.

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