Dans la jungle d’Agnes Vannouvong

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Dans la jungle thaïlandaise, May chemine. Dans les pas de Say, son guide, elle accomplit un pèlerinage tout ce qu’il y a de plus personnel. Son passé s’inscrit doublement dans ce paysage qu’elle n’a pourtant jamais vu. Ce voyage, elle le fait d’abord pour Stéphane, l’ami de toujours décédé quelques temps plus tôt au cours d’un trek et dans des circonstances troubles. Mais la Thaïlande est aussi son pays d’origine, celui où elle a vu le jour et celui où sa mère a longtemps vécu.

Au fil de la marche mille souvenirs émergent, du goût de Stéphane pour la solitude aux réminiscences de l’enfance, en passant par les années troublés, au Laos , qui précédèrent la naissance de May.


Dans la jungle - vannouvong - couvQui irait se plaindre de pouvoir traverser la Thaïlande en si bonne compagnie ? De la jungle à Bangkok, des bords du Mékong à l’île de Koh Samet, parfaite réalisation du cliché de l’île au sable blanc et aux eaux cristallines, Agnès Vannouvong nous montre tout, et il est fort agréable de se laisser guider. On pourrait certes aussi bien lire un Lonely Planet, mais Agnès Vannouvong a un certain talent pour rendre sensibles et sensuelles ses divers descriptions – les passages évoquant les divers repas faits de poisson grillé et de légumes pimentés, entre autres, ouvrent particulièrement l’appétit. Le récit prend des airs de carte postale, mais avec une profondeur, une saveur toutes particulières.

La promenade n’est pas désagréable en soi, donc, mais il faut bien dire que ce qui lui sert de prétexte devient au long du texte de plus en plus pesant. Car si le pèlerinage de May charrie forcément, et sans qu’il soit nécessaire de le souligner trop souvent, tout un tas d’émotions, Agnès Vannouvong choisit justement d’insister très lourdement sur ces sentiments mêlés. On tombe alors dans du roman psychologique encombré. Il s’agit de tenir le lecteur par la main et de ne surtout pas le lâcher une seule seconde. On en arrive à des phrases aussi terriblement convenues que (lors d’une scène d’amour entre May et Say) : « Ils ne se connaissent pas mais leurs corps se reconnaissent ». On ne cesse de s’étonner que le style de Dans la jungle puisse alterner si drastiquement entre la volupté évocatrice qui préside aux descriptions de la Thaïlande, et une telle balourdise, un tel manque de subtilité. Il aurait finalement mieux valu se contenter de la carte postale.

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