[Musique] Sufjan Stevens – Carrie & Lowell

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Si l’arrivée du printemps vous donne envie de vous extasier sur les bourgeons qui éclosent, les oisillons qui pépient dans leurs nids et sur tout ce qui renaît à mesure que les jours rallongent, je préfère vous calmer tout de suite : Sufjan Stevens est de retour avec son huitième album pour vous rappeler que tout cela va mourir bientôt. Et vous aussi, d’ailleurs.

Avouez que vu comme ça, ça fait envie. Mais Sufjan n’est pas juste un gros rabat-joie ; Carrie & Lowell, qui sort demain, est avant tout sa manière à lui de composer avec le décès de sa mère – Carrie -, survenu en 2012, et avec les sentiments confus qui en découlent.

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[Musique] Sufjan Stevens – No Shade in the Shadow of the Cross

On fera court ce soir, il s’agit de laisser de la place à une chanson, LA chanson qu’il faut écouter cette semaine : No shade in the shadow of the cross de Sufjan Stevens, premier extrait de l’album Carrie & Lowell à paraître le 30 mars. Après les expérimentations électroniques de Age of Adz, après le symphonique Planetarium, après le projet Sisyphus avec Son Lux et le rappeur Serengeti, Sufjan Stevens revient au folk le plus pur pour cet album qui évoque la mort de sa mère en 2012. « Revient » n’est d’ailleurs pas le bon mot : même sur Seven Swans (2004) ou les premiers volumes de Songs for Christmas, la musique de Sufjan n’a jamais été aussi dénudée. Une guitare, sa voix tremblante et un léger grésillement au loin – le bruit des vagues, le bruit du vide ou juste celui d’un climatiseur, peu importe. Si vous avez un coeur, ça peut tourner toute la soirée.

15 albums pour 2015

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Comme tous les ans, je regrette de ne pas avoir eu (ou pris) le temps de parler plus régulièrement de musique sur le blog, mais cela ne m’empêchera pas de vous livrer mes plus grands coups de coeur de 2015 ! Une année immensément riche en matière de musique, qui fut avant tout l’année de Sufjan Stevens, avec la sortie en mars du successeur tant attendu de l’inoubliable Age of Adz (2010), Carrie & Lowell, répertoire ultra-dépouillé de chansons folk sur la mort de sa mère. S’il fallait établir un classement des concerts, Sufjan serait également en-tête, avec deux soirées consécutives d’une intensité rare, au Grand Rex en septembre.

Derrière lui, des retours parfois inespérés de groupes et d’artistes solides, qui ont chacun à leur manière réussi à repousser leurs limites (The Apartments, Foals, Beach House, Björk, Tame Impala, Christopher Owens, YACHT), des réinventions totales des plus excitantes (Soko, Miley Cyrus – si si, même Miley Cyrus), et des espoirs déjà confirmés (Gengahr, Courtney Barnett)…

(Cliquez sur les pochettes pour accéder à l’article du blog ou à la page Spotify correspondante)


Une année immensément riche donc, au point qu’établir ce top fut un véritable crève-coeur. Car comment oublier que 2015 fut une grande année de rap (avec Future, Kendrick Lamar, Vince Staples…), que des chouchous de longue date comme Dominique A, Peaches ou Beirut ont fait leur retour, que Blur et New Order se sont retrouvés, et que quelques EP (Fischbach, Oscar…) laissent déjà entrevoir le meilleur pour 2016 et 2017 ? Pour rendre l’exercice un peu moins difficile et douloureux, j’ai donc créé une playlist de 50 morceaux pour 2015, qui pourra servir aux curieux qui n’auraient pas eu le temps de suivre l’actualité musicale cette année…

[Musique] The Apartments – No Song, No Spell, No Madrigal

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Si 2015 est d’ores et déjà une excellente année d’un point de vue musical, elle est par contre particulièrement plombante. Après avoir compati au divorce de Björk, après avoir longuement pleuré la mère de Sufjan Stevens, me voilà à porter le deuil d’un enfant avec le septième album de The Apartments.

Peu connu du grand public bien qu’il entretienne des liens étroits avec la France, le groupe de Peter Walsh avait pratiquement disparu depuis son dernier album, Apart, sorti en 1997 : ce n ‘est qu’en 2007 qu’il recommence timidement à donner des nouvelles, avec une poignée de concerts en Australie puis en Europe. Il faut encore attendre 2011 pour qu’un nouveau titre, Black ribbons, voie le jour. Celui-ci se retrouve en bonne place, quatre ans plus tard, sur No song, no spell, no madrigal, album inespéré.

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[Tag] Liebster Blog

Les Liebster Awards ont été créé par Hellocoton pour faire connaître les blogs qui ont moins de 200 abonnés. Les blogueurs nommés par d’autres blogueurs doivent rédiger un article, et nommer d’autre blogueurs et ainsi de suite.

Voici le principe : un(e) blogueur(se) vous a tagué, vous avez donc reçu une série de 11 questions qui sont destinées à mieux vous connaitre. De votre coté, heureux(se) de cette nouvelle, vous acceptez de dévoiler qui vous êtes en répondant à ces fameuses questions mais aussi en ajoutant 11 choses personnelles sur vous. Et à votre tour vous devez créer une nouvelle série de 11 questions et taguer 11 blog en leur expliquant ces règles !

Il n’y a aucune obligation de réponse pour celles et ceux qui ont été tagués, juste un petit lien.

Kenjie, qui tient un joli blog créatif (avis aux lectrices qui aiment les bijoux fait main et les lecteurs qui chercheraient des idées cadeau pour Noël…) m’a taggé et voici ses questions :

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Mardi Musique #2 : Son Lux, Broken Bells

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L’album de la semaine : Lanterns de Son Lux

Auréolé d’un beau succès d’estime pour son second album, We Are Rising, sorti en 2011, Son Lux (de son vrai nom Ryan Lott) nous revient en cette fin d’année avec ce qui semble en être la suite logique, Lanterns. Changement de label pour l’occasion (d’Anticon à Joyful Noise, où Son Lux semble plus à sa place), mais pas de profond changement de style : Son Lux creuse son sillon très personnel, et on pourra difficilement s’en plaindre.

Car ce qui faisait le succès de We Are Rising, c’était l’ambition des orchestrations, luxuriantes voire grandiloquentes, qui venaient habiller des morceaux d’une grande intimité (Flickers, Flowers, Leave the riches…) ou magnifier des compositions épiques (Rising, Rebuild, Let Go...). Epique, le mot est lâché, mais attention, et rassurez-vous, rien à voir avec la vulgarité démonstrative d’un Woodkid, chez Son Lux on fait plutôt dans la musique de chambre explosive, dans l’humilité et, paradoxalement, le dépouillement. Fer de lance de ce We are risingAll the right things, en est un pur manifeste et un échantillon du savoir-faire de Son Lux : rythmes hip-hop, choeurs subtils mais entêtants, et pour peupler l’aridité électronique, des touches instrumentales (essentiellement des instruments à vent) viennent rehausser à la manière d’une poursuite lumineuse les errances de la voix ébréchée de Ryan Lott.

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