Le reste est littérature – Juin 2016

amadeo de souza cardoso - saint julien l'hospitalier

Comme chaque mois, petit bilan de mes activités culturelles hors littérature des dernières semaines. Pour le résumer en une phrase (pour les flemmards) : allez voir Amadeo de Souza-Cardoso au Grand Palais !

Dans mes oreilles

Deux nouveaux albums ont pris toute la place ce mois-ci… D’abord celui des Kills que j’attendais impatiemment après leur concert à la Cigale en mai, beau retour après cinq ans de silence, sur lequel on retrouve forcément ce qui fait leur marque de fabrique (rythmiques minimales bien calées, riffs secs et chant enragé) avec un petit supplément d’âme en plus… Après plus de dix ans de carrière, les Kills s’autorisent à arrêter de prendre des poses rock’n’roll un instant pour montrer un peu de vulnérabilité et de naturel : c’est plutôt étonnant et ça donne entre autres les plus belles ballades qu’ils aient jamais écrites.… Lire la suite

Le reste est littérature – Mars 2016

tenture-david-bethsabee

Comme je ne trouve plus le temps de rédiger des articles portant sur autre chose que mes lectures, je vais tenter de dresser à la fin de chaque mois un genre de bilan culturel, portant aussi bien sur la musique que j’ai écoutée, les spectacles que j’ai vus et les expositions que j’ai visitées. Le but est avant tout, pour moi, de garder une trace de ces activités (notamment lorsque je les tweete : les conserver ici me permettra que cela ne sombre pas dans les tréfonds du net) ; ce sera donc plutôt en vrac. J’espère que vous y trouverez cependant de quoi chatouiller votre curiosité.… Lire la suite

Expo : Philippe Parreno au Palais de Tokyo

pdt-parreno-081

Même génération, même école et même refus de l’aspect habituellement rigide de l’exposition : Philippe Parreno a beaucoup en commun avec Pierre Huyghe, et il est particulièrement intéressant de les voir exposés en même temps dans deux des lieux les plus prestigieux de l’art contemporain à Paris : le Palais de Tokyo pour le premier, le Centre Pompidou pour le second. Les deux expositions se complètent et se répondent à merveille, toutes les deux préoccupées par la rupture des conventions muséographiques et plus largement par l’éclatement des clivages réalité/fiction et spectateur/acteur.

Chez Parreno, le programme est indiqué dès l’entrée, de façon assez mystérieuse (et même avant puisque l’artiste est intervenu sur la banque d’accueil, les luminaires et les fenêtres de l’accueil).… Lire la suite

Exposition : Erwin Blumenfeld au Jeu de Paume

ERWIN-BLUMENFELD-6-VENETIAN-BLIND-WOMAN_2048

« Et à partir de là, il s’est vendu. »

J’entre dans la dernière salle de l’exposition, consacrée aux photos de mode d’Erwin Blumenfeld, quand j’entends cette remarque. L’artiste qui se vend, mouton noir par excellence, qui sacrifie sa personnalité et son élan créatif au dieu Argent. Il est vrai que, lorsqu’on arrive dans cette dernière salle, on se demande si les cahiers des charges d’Harper’s bazaar ou de Vogue ne vont pas mettre un frein à la l’inventivité et à la finesse des photographies que l’on a pu voir dans le reste de l’exposition. Bien loin de là ; tout en se conformant aux impératifs commerciaux, Blumenfeld accomplit un travail superbe sur la couleur – lui qui vient à peine de s’y mettre en arrivant aux Etats-Unis et semble déjà avoir quinze ans d’avance sur les techniques et le style de l’époque – et continue, comme dans ses travaux précédents, à explorer les formes changeantes des corps qu’il photographie derrière des matières qui font écran, masques et tissus par le passé, verre dépoli ou cannelé dans les années mode.… Lire la suite

Exposition : Pierre Huyghe au Centre Pompidou

4337afa9-8afd-451e-9146-53c8947ea36c--00000--Huyghe_the_host_and_the_cloud_mask

Attention, derniers jours : il serait dommage de rater l’exposition Roy Lichtenstein, première grande rétrospective de l’oeuvre de cet artiste américain à Paris, qui fermera ses portes le 4 novembre. Tout le monde en a parlé, l’exposition est pleine à toute heure (avec des nocturnes tous les jours jusqu’à 23 heures), et il faut la voir ne serait-ce que pour pouvoir briller dans les salons où l’on cause (si ces lieux existent encore). Mais surtout parce qu’il faut prendre conscience de la grande inventivité de cet artiste qui a largement repoussé les limites du pop-art, plus sans doute qu’Andy Warhol, en s’engageant notamment dans une réflexion sur la nature du geste de l’artiste (dans la série des Brushstrokes en particulier) ou en s’inscrivant dans une histoire de l’art truquée, dévoyée (de l’impressionnisme au suprématisme).… Lire la suite