Hector d’Antoine de Montchrestien

Tout comme Scédase d’Alexandre Hardy, le Hector de Montchrestien figure dans le premier volume de l’anthologie du Théâtre du XVIIe siècle de la Pléiade. Ecrit et joué la même année, en 1604, Hector est d’un abord plus facile, la langue semblant moins vieillie, mais se révèle rapidement bien plus archaïque dans la façon d’envisager l’art de la scène.

Si l’on s’intéresse à l’histoire du théâtre, cela ne manque pas d’intérêt : on pourra notamment relever le rôle très important du chœur, qui évoque encore fortement le modèle antique dont s’éloignera le théâtre baroque puis classique. On pourra aussi trouver étonnant de voir Montchrestien adopter si fermement le point de vue des Troyens, faisant notamment du grec Achille un méprisable traître quand on est plutôt habitué à le voir traité en héros. … Lire la suite

Scédase ou l’hospitalité violée d’Alexandre Hardy

Avant Corneille, avant Racine, il y eut Hardy. Si on ne lit plus beaucoup ce dramaturge auteur de plus de 600 pièces (dont une trentaine seulement a été conservée), si on le joue encore moins, c’est surtout parce que sa langue, nourrie de tournures à l’antique et d’effets de syntaxe qui déroutent le lecteur contemporain, est bien plus difficile que celle de ses successeurs de l’âge d’or du théâtre classique.

Scédase, courte pièce en cinq actes inspirée d’un chapitre de Plutarque évoquant le viol de deux jeunes femmes par des nobles Spartiates qu’elles ont accueillis conformément aux principes de l’hospitalité, commence d’ailleurs bien difficilement.… Lire la suite

Les Temps difficiles d’Edouard Bourdet

temps difficiles bourdet - décor de michel fresnay

On ne joue plus beaucoup les pièces d’Edouard Bourdet. Dramaturge, metteur en scène, administrateur de la Comédie Française pendant quatre ans juste avant la Seconde Guerre Mondiale – il quitta ses fonctions à l’avènement du régime de Vichy -, il fut pourtant un important homme de théâtre de la première moitié du vingtième siècle, pas si loin de Claudel ou Giraudoux qui figurent parmi ses amis les plus chers.

Si j’en crois ma lecture des Temps difficiles, joué pour la première fois en 1934, il ne faut pas chercher très loin les raisons d’un tel revirement : le théâtre de Bourdet a indéniablement vieilli.… Lire la suite

Le reste est littérature – Mars 2016

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Comme je ne trouve plus le temps de rédiger des articles portant sur autre chose que mes lectures, je vais tenter de dresser à la fin de chaque mois un genre de bilan culturel, portant aussi bien sur la musique que j’ai écoutée, les spectacles que j’ai vus et les expositions que j’ai visitées. Le but est avant tout, pour moi, de garder une trace de ces activités (notamment lorsque je les tweete : les conserver ici me permettra que cela ne sombre pas dans les tréfonds du net) ; ce sera donc plutôt en vrac. J’espère que vous y trouverez cependant de quoi chatouiller votre curiosité.… Lire la suite

Et avec sa queue, il frappe ! de Thomas Gunzig

bruce lee

Quand on est petit, qu’on vit dans la peur des grands de l’école, qu’on a été élevé dans l’idée que le monde est plein de dangers, quel maître à penser peut-on trouver pour se sortir de là ?

Thomas Gunzig, que j’ai découvert l’année dernière avec le très utile Manuel de survie à l’usage des incapables, a la réponse. Elle vient de ses propres souvenirs d’adolescent, au moment où la pression sociale commence à se faire plus forte, où se cacher n’est plus suffisant car les autres se mettent à sentir « l’odeur de la peur » sur les plus faibles. A cet âge-là, Gunzig a emprunté de l’argent à ses parents pour prendre un abonnement au vidéo-club et a découvert, entre autres, tous les films de Bruce Lee.… Lire la suite

La Ville dont le prince est un enfant d’Henry de Montherlant

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Dramaturge et romancier à succès, élu à l’Académie sans même avoir posé sa candidature, auteur d’un cycle romanesque, Les Jeunes Filles, vendu à des millions d’exemplaires, Henry de Montherlant est depuis son suicide en 1972 tombé dans un oubli relatif. De son roman, on n’entend presque jamais parler ; de son théâtre, on évoque parfois la tragédie La Reine morte et de La Ville dont le prince est un enfant, pièce ébauchée dès 1912 mais publiée en 1951, puis remaniée plusieurs fois, succès immédiat qui vaut à Montherlant d’être sollicité par la Comédie Française alors qu’il rechigne à la faire représenter sur scène.… Lire la suite