Charøgnards de Stéphane Vanderhaeghe

les oiseaux

Sont-ils plus nombreux réellement ou soudain plus visibles ? Est-ce notre attention qu’ils réclament, ces figurants de notre existence au devant de laquelle ils se sont lentement charogné un passage ?

Ou en veulent-ils à notre peau ?

N’était leur nombre croissant à vue d’oeil, ils paraissent pour l’instant bien inoffensifs. Ce que je me disais hier en rentrant chez moi sous leur haie d’horreur, ce que je disais hier à C. aussi en tentant de la tranquilliser après avoir pris le pouls du village de plus en plus vide, de plus en plus vite. Ce que je me suis bien gardé de lui dire hier une fois rentré.

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Le Voyageur liquide de Jean Cagnard

serpents

Il y a des premières phrases tout à fait anodines, que l’on dépasse sans trop y prêter attention. Il y a des premières phrases toutes sèches, qui donnent l’impression de se refuser. Il y a celles qui sont un peu trop fleuries, un peu trop maquillées, qui trahissent l’envie de plaire à tout prix. Et puis il y a des premières phrases qui, en une poignée de mots, parviennent à créer une connivence telle que l’on sait d’avance que l’on va très bien s’entendre avec leur auteur. Par exemple :

Le serpent tomba du ciel au moment où je sortais de la boutique de la station-service.

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Lisières du corps de Mathieu Riboulet

caravage-la-conversion-de-st-paul

Il y a déjà trois ans que Mathieu Riboulet a décroché le prix Décembre pour les Oeuvres de miséricorde – un texte magnifique qui m’a permis de découvrir cet auteur et que je vous recommande chaudement. Trois ans d’absence que l’auteur vient combler avec, d’un coup d’un seul, deux textes publiés en cette rentrée : Lisières du corps et Entre les deux il n’y a rien. Les Oeuvres de miséricorde entremêlait le corps physique et le corps politique, et on retrouve ces thèmes dans ces deux nouvelles publications, mais chacun de leur côté. Commençons donc par la part physique, avec Lisières du corps.… Lire la suite