Les Saisons de Maurice Pons

déluge (basilique saint marc) - illsutration les saisons

Je vais ici pouvoir écrire, écrire, écrire. Je vais vider mon cœur de tout son pus. Il ne m’arrivera rien, j’en ai la conviction. Et pourtant, hier encore, j’ai été traversé par une image : lorsque ce crâne de mouton m’est tombé dans les pieds, je l’ai vu soudain multiplié par mile fois lui-même, j’ai revu l’amoncellement des charniers que je ne veux plus voir, et le sourire des dents humaines; j’ai senti à nouveau la brûlure de l’enfer. Oui, j’ai cédé encore à la tentation de l’image… En serai-je jamais délivré ? C’est mon livre qui m’en délivrera.

Voilà ce qu’écrit Siméon, le personnage principal des Saisons, à son arrivée dans le village où il a choisi de s’installer.… Lire la suite

La Supplication de Svetlana Alexievitch

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Nous craignions la bombe, le champignon nucléaire et les choses ont pris une autre tournure… Nous savons comment brûle une maison incendiée par une allumette ou un obus… Mais ce que nous voyions ne ressemblait à rien… Les rumeurs disaient que c’était le feu céleste. Et même pas un feu, mais une lumière. Une lueur. Un rayonnement. Le bleu céleste. Et pas de fumée. Avant cela, les scientifiques étaient des dieux. Maintenant, ce sont des anges déchus. Des démons ! La nature humaine demeure toujours un mystère pour eux. Je suis russe. Je suis né près de Briansk. Chez nous, les vieux sont assis sur le seuil de leurs maisons de guingois qui ne vont pas tarder à tomber en ruine, mais ils philosophent, réorganisent le monde.

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Ruines-de-Rome de Pierre Senges

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Combien a-t-on vu d’apocalypses ? Combien de fois le monde devra-t-il disparaître sous l’assaut d’une catastrophe écologique, d’un cataclysme nucléaire, d’une épidémie ou d’une collision   de la Terre avec un autre corps céleste ? N’en verra-t-on jamais la fin, franchement ?

Eh bien non, car voilà que Pierre Senges a l’idée d’une apocalypse bien à lui, qui nous changera des canons du genre – on n’en attendait pas moins d’un tel auteur. Dans Ruines-de-Rome, Senges imagine une fin du monde par les plantes ; une fin du monde douce et invisible, insidieuse, une dévoration lente mais inexorable de la civilisation par le monde végétal, orchestrée par un jardinier minutieux et déterminé.… Lire la suite