Karoo de Steve Tesich

reflektor AF

Relire est souvent un bonheur, mais c’est parfois un risque. Celui de découvrir que l’on s’est trompé, que l’on a changé, que notre appréciation de tel ou tel roman ne tenait qu’à l’humeur dans laquelle on était quand on l’a lu. Ce que l’on retient d’un roman tient toujours, forcément, du fantasme et de l’interprétation personnelle, mais devoir renoncer, après une relecture, à un roman que l’on a chéri, dont on pensait qu’il faisait partie de nous, est toujours un petit déchirement.

Au moment de relire Karoo, cependant, je n’avais aucune inquiétude. Il y a d’abord l’objet, un beau pavé à la couverture épaisse et au papier soyeux, soigneusement élaboré par les petites mains de chez Monsieur Toussaint Louverture, le genre d’éditeurs qu’on suivrait jusqu’au bout du monde tant chaque nouvelle publication ne fait que confirmer le bon goût et l’intelligence des choix de la maison.… Lire la suite

Choir d’Eric Chevillard

porte-enfer

« Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ». Ainsi pourrait commencer notre voyage en l’île de Choir, s’il existait une porte pour y accéder, s’il y avait d’autres moyens d’y pénétrer que de s’écraser lourdement en avion – auquel cas il serait préférable de périr dans le crash afin d’éviter de rester coincé toute une vie sur ce petit crachat dans la mer, cette terre divisée entre étendues désertiques et marécages pestilentiels, dévorée par les punaises et isolée du reste du monde par une enceinte de rochers infranchissables.

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