J’ai perdu tout ce que j’aimais de Sacha Sperling

less than zero

Vers dix-huit ou dix-neuf ans, j’ai eu une longue période Bret Easton Ellis. J’ai commencé, si je me souviens bien, par Moins que zéro, et j’ai tout lu dans la foulée, jusqu’à Lunar Park – son dernier, à ce moment-là. Lunar Park, l’apothéose, dans lequel Ellis revient sur tous ses romans précédents, sur ce qui les a nourris, jusqu’à se faire engloutir par les fantômes de ses propres fictions. Un roman brillant, que je tiens encore pour un des plus importants du début de notre siècle. Si à cette époque-là j’avais eu la prétention d’écrire un roman, secoué par cet auteur qui m’ouvrait les portes de la littérature américaine contemporaine, j’aurais sans doute fait un sous-Moins que zéro, plein de jeunes gens oisifs et blasés, de scènes de violence et de visions paranoïaques.… Lire la suite