Voyage au centre de Pierre Patrolin

voyage au centre - illustration, centre de la terre (schéma)

Depuis la Montée des cendres en 2013, j’ai décidé que je suivrais Pierre Patrolin n’importe où. Que ce soit pour une traversée de la France à la nage – son premier roman -, pour une longue errance en voiture ou pour toute autre expédition qu’il voudrait mettre sur pied à l’avenir, je signe les yeux fermés. C’est dons sans la moindre hésitation, et sans même me renseigner sur le programme, que je l’ai accompagné pour ce nouveau Voyage au centre. Mais au centre de quoi, d’ailleurs?

C’est bien là toute la question car si la quatrième de couverture fait explicitement référence au centre de la terre – nous ramenant forcément à Jules Verne -, on se demande dès les premières pages par quel miracle on pourrait bien s’y rendre, dans la mesure où la silhouette qui nous sert de héros semble avoir bien du mal à dépasser le stade du réveil difficile et du café matinal.… Lire la suite

Les lauriers sont coupés d’Edouard Dujardin

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Edouard Dujardin est une note de bas de page dans l’histoire de la littérature mondiale. A peine plus. C’est triste, mais c’est comme ça – et si on y réfléchit bien, c’est déjà pas si mal. Car de cet auteur qui traversa la fin du dix-neuvième siècle et la première moitié du vingtième et qui s’illustra aussi bien comme dramaturge, comme romancier que comme poète, ne reste dans la mémoire de quelques-uns qu’une longue nouvelle ou un court roman, les Lauriers sont coupés.

Pourquoi ce texte en particulier, vous demandez-vous peut-être ? Tout simplement parce que Dujardin y a invité un procédé qui allait devenir presque cinquante ans plus tard la base du stream of consciousness anglais et donc de quelques immenses romans, de Mrs Dalloway à Ulysses. Lire la suite

Démolir Nisard d’Eric Chevillard

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Pouvez-vous me dire qui occupe actuellement le siège n°39 à l’Académie Française ? Je ne voudrais pas sous-estimer votre culture générale, chers lecteurs, mais je préfère vous donner la réponse : il s’agit de Jean Clair. Pas le dernier des idiots, Jean Clair, c’est le moins qu’on puisse dire. Bon. Et ses prédécesseurs alors ? Citez-m’en un, au débotté, je vous écoute. Non, hein ? Et pourtant. Pourtant, au siège n°39 a été élu en 1850 le plus sinistre sire que la terre ait porté. Il y est resté trente-huit ans. Ce funeste académicien s’appelait Désiré Nisard, pardon, Jean-Marie-Napoléon-Désiré Nisard, et le narrateur d’Eric Chevillard n’en peut plus, de cet autre Napoléon le petit.… Lire la suite

La Disparition de Jim Sullivan de Tanguy Viel

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« Récemment, comme je faisais le point sur les livres que j’avais lus ces dernières années, j’ai remarqué qu’il y avait désormais dans ma bibliothèque plus de romans américains que de romans français. Pendant longtemps, pourtant, j’ai lu de la littérature française. Pendant longtemps, j’ai moi-même écrit des livres qui se passaient en France, avec des histoires françaises et des personnages français. Mais ces dernières années, c’est vrai, j’ai fini par me dire que j’étais arrivé au bout de quelque chose, qu’après tout, mes histoires, elles auraient aussi leur place ailleurs, par exemple en Amérique, par exemple dans une cabane au bord d’un grand lac ou bien dans un motel sur l’autoroute 75, n’importe où pourvu que quelque chose se mette à bouger.

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