Brooklyn de Colm Tóibín

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Début des années 50. Eilis Lacey, fille cadette d’une modeste famille installée dans une ville moyenne d’Irlande, a bien du mal à trouver du travail. Ce n’est faute ni de chercher, ni de qualifications, mais les bonnes places sont rares. Lorsque le père Flood, vieil ami de la famille, revient des Etats-Unis pour quelques semaines, sa mère et sa soeur s’entendent : Eilis doit partir à New-York, où elle a plus de chances de réussir sa vie qu’en restant en Irlande. Le père Flood lui promet tout à la fois un travail dans un grand magasin et un toit, chez Mme Kehoe, une femme austère mais bienveillante.… Lire la suite

Courir après les ombres de Sigolène Vinson

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Paul Deville incarne malgré lui la facette la plus vile de la mondialisation : français, il travaille pour le compte d’une multinationale chinoise à dépouiller des pays africains de leurs richesses.

Comme pour se racheter, il profite de ses voyages d’affaires – de Djibouti à Aden, de Rangoon à l’Ethiopie – pour retrouver les traces d’immenses écrivains. Kessel et Gary y sont déjà passés ; désormais, Paul est sur la piste de Rimbaud, convaincu que celui-ci n’a pas pu cesser d’écrire en quittant la France pour l’Afrique.

Courir après les ombres est l’histoire de cette quête forcément impossible, qui tient de la quête du Graal ou de la pierre philosophale, où le voyage est plus important ou en tout cas plus transformateur que la destination.… Lire la suite

La Ligne des glaces d’Emmanuel Ruben

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Insomnies. Journées noires. Nuits blanches. Rêve et réalité qui s’enchevêtrent. Ennui, solitude, mélancolie. De quoi se joindre au concert larmoyant des expatriés et regretter amèrement d’avoir accepté à la va-vite un poste dans un pays dont je ne savais rien, dont je ne souhaitais rien savoir. Dire que je me suis porté volontaire ! Et même volontaire international ! Comment conjurer ce pénible sentiment de vivre nulle part et hors du temps ? Une seule solution. La voici. Écrire. Écrire ce livre. Tenir un journal de bord. Y consigner pêle-mêle rêves, impressions, réflexions, coupures de journaux, citations extraites de mes lectures.

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Le Convoi de l’eau d’Akira Yoshimura

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Sur les bords de la rivière K, un hameau va être englouti par un lac artificiel nécessaire à l’alimentation d’une centrale hydroélectrique. Le village, de tous temps, est resté coupé du monde et n’a été découvert qu’une fois le projet de barrage lancé. Il abrite une poignée d’habitants qui vivent dans des maisons couvertes de mousse, en autarcie, et selon des traditions perdues depuis longtemps. Qui se souciera donc de ces quelques âmes forcées à l’exil ? Personne, excepté peut-être un des ouvriers envoyés sur place pour réaliser les premiers les premiers travaux : sondage du sous-sol, creusement de tunnels à la dynamite. … Lire la suite

Malavita de Tonino Benacquista

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Dès les premières lignes de Malavita, on le pressent : la violence couve, prête à surgir dans le récit de l’installation de la famille Blake, Américains expatriés, dans un petit village de Normandie, Cholong-sur-Avre.  Car si l’on ne sait rien d’eux que leur apparente normalité – un couple, Maggie et Fred ; deux enfants adolescents, Belle et Warren ; une chienne un peu âgée, Malavita -, leur emménagement suscite dès le départ la curiosité. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’emménager, mais de « prendre possession » de la maison, comme un débarquement fait en douceur et en toute discrétion, de nuit. Les Blake investissent donc Cholong et s’efforcent de se comporter comme des voisins avenants, prévenants, ou tout simplement normaux.… Lire la suite

Le Paradis retrouvé d’Halldór Laxness

Suite à ma découverte d’Halldór Laxness (voir l’article d’hier sur la Cloche d’Islande), j’ai emprunté un de ses romans plus tardifs, postérieur à son obtention du Nobel, Le Paradis retrouvé. Avant de parler du roman lui-même, une remarque en aparté qui viendra compléter mon regret de ne pas voir plus des oeuvres de cet auteur éditées en France : la traduction qui nous est proposée par Gallimard n’a pas pour langue source l’islandais mais l’anglais. Nous sommes donc en présence de la traduction d’une traduction,  procédé il faut l’avouer assez douteux même si l’on pourra dire en clichetonnant un peu que même sans langue intermédiaire, traduire c’est trahir.… Lire la suite