La Côte sauvage de Jean-René Huguenin

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De retour de son service militaire, Olivier retrouve après deux ans d’absence la maison familiale en Bretagne, ses amis d’enfance, sa mère et surtout sa protégée, sa petite soeur Anne. Evidemment, en deux ans, bien des choses ont changé et Olivier apprend, dès son arrivée, qu’Anne est sur le point de lui échapper : elle compte se marier avec Pierre, le meilleur ami d’Olivier. Déterminé à tout faire pour empêcher cette union, Olivier va passer l’été à tenter de rétablir son emprise sur Anne.… Lire la suite

La Plage de Marie Nimier

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Un été. Une île encore à moitié sauvage. Une femme, « l’inconnue », s’éloigne de toute civilisation pour retrouver une grotte au bord de la mer, sur la plage où elle a connu quelques instants torrides avec un homme, deux ans auparavant. Lorsqu’elle arrive sur place, les lieux sont déjà occupés par deux personnes : un homme aux allures de colosse, blond, bronzé, et une jeune fille dont il est peut-être le père. Commençant par les observer en secret, l’inconnue va finir par former avec eux un étrange trio.

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La Carte des Mendelssohn de Diane Meur

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Abraham Mendelssohn Bartoldy (1776-1835), né et mort à Berlin, banquier de son état, n’aurait rien d’un héros de roman s’il n’était un anonyme coincé entre deux illustres : son père, Moses Mendelssohn (1729-1786), philosophe des Lumières considéré comme le Voltaire allemand, et son fils, Felix Mendelssohn (1809-1847), le fameux compositeur romantique à peu près aussi précoce que Mozart.

En 2010, Diane Meur commence à enquêter sur Abraham, ce « néant entre deux génies », avec une idée de roman derrière la tête : un roman « sur le vide et les filiations ». Elle qui ressent le besoin d’investir par la fiction un vide du réel ne se voit pas se frotter à une biographie de Moses ou de Felix ; mais cet entre-deux ferait l’affaire. … Lire la suite

Le Voyageur liquide de Jean Cagnard

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Il y a des premières phrases tout à fait anodines, que l’on dépasse sans trop y prêter attention. Il y a des premières phrases toutes sèches, qui donnent l’impression de se refuser. Il y a celles qui sont un peu trop fleuries, un peu trop maquillées, qui trahissent l’envie de plaire à tout prix. Et puis il y a des premières phrases qui, en une poignée de mots, parviennent à créer une connivence telle que l’on sait d’avance que l’on va très bien s’entendre avec leur auteur. Par exemple :

Le serpent tomba du ciel au moment où je sortais de la boutique de la station-service.

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Ligne et Fils d’Emmanuelle Pagano

Laurence Bruxelle-Montamat - au fil de l'eau

Jusque-là, en bouclant la ceinture de sécurité, je ne savais pas que j’avais affaire à l’eau, à l’eau vive. Je n’imaginais pas la torsion du fil, et pour elle le bruit sans relâche, la vapeur, les odeurs bouillies, la soif toujours plus grande des brins de soie. Pourtant, la torsion est tapie dans ce réflexe anodin. De mon siège à la ceinture, les fils élastiques accompagnent mes mouvements. Ils ne sont pas seulement dans ma voiture. Si je me blessais, ils se nicheraient à l’intérieur de l’armoire à pharmacie, si je voulais courir à l’aise, ou faire de la musculation, ils déborderaient de mon sac de sport.

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La Gifle de Christos Tsiolkas

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Dans une banlieue pavillonnaire de Melbourne, un simple barbecue dominical entre amis tourne au pugilat :  un des adultes présents ose gifler l’enfant (insupportable) d’un autre couple. La gifle fait l’effet d’une bombe : le groupe se délite, explose, se recompose autour de deux pôles, d’un côté ceux qui légitiment ce geste, de l’autre ceux qui n’admettent pas que l’on puisse toucher un enfant.

La Gifle se déroule sur quelques mois et dissèque cette lente montée des antagonismes entre les différentes familles et parfois jusqu’au sein des couples, tendant vers un procès entre les deux parties qui cristallisera toute cette tension.… Lire la suite

Les Corrections de Jonathan Franzen

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« Toutes les familles heureuses se ressemblent ; mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon », écrivait Tolstoï. On pourrait aller plus loin et préciser que, dans une famille malheureuse, chaque membre l’est aussi à sa façon.

Prenons les Lambert, une famille originaire du Midwest. Les trois enfants, Gary, Chip et Denise, ont fui dès qu’ils l’ont pu Saint Jude, leur ennuyeuse petite ville natale. Gary, père de trois garçons, est en guerre ouverte avec sa femme, Caroline, qui cherche à la convaincre qu’il souffre de dépression. Chip s’est installé à New-York après avoir perdu son poste d’enseignant en université pour avoir couché avec une étudiante.… Lire la suite

Bain de lune de Yanick Lahens

Sur la plage d’Anse Bleue, un petit village perdu au coeur d’Haïti, un pêcheur retrouve au matin une jeune femme échouée, à demi-noyée et manifestement victime d’une grande violence. Comment, pourquoi est-elle là, et que lui est-il arrivé ? La réponse est loin d’être simple : elle réside dans l’histoire de sa famille, les Lafleur, sur trois générations, et de leur éternelle rivalité avec les Mésidor.

Tout oppose en effet les deux clans : les Lafleur, famille de paysans et de pêcheurs, sont les gardiens de la tradition à Anse Bleue. Même si les colons les contraignent à se rendre à l’église tous les dimanches, ils restent en contact avec les dieux et les esprits d’autrefois.… Lire la suite

Pas pleurer de Lydie Salvayre

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Parmi les grands conflits européens du XXe siècle, la guerre civile espagnole est la grande oubliée de nos manuels d’Histoire. A peine l’évoque-t-on rapidement – Guernica, la Phalange, basta : on a d’autres chats à fouetter : 1936, c’est l’année du Front Populaire, l’alliance de Mussolini avec Hitler, les Jeux Olympiques de Berlin, le congrès de Nuremberg… La guerre civile, c’était pas notre guerre. Tant pis pour ses victimes, y compris les milliers d’espagnols exilés en France.

Au milieu de ces émigrés contraints se trouvaient les parents de Lydie Salvayre. Presque vingt-cinq ans après son premier roman, elle évoque dans Pas pleurer cette part de son histoire, celle de sa mère, Montse, et de ce qu’elle a vécu en 1936.… Lire la suite

La Condition pavillonnaire de Sophie Divry

pavillons banlieue

Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement.
Gustave Flaubert

 « Elle », c’est aussi bien Emma, que vous connaissez évidemment, que M.A., l’héroïne de la Condition pavillonnaire. Leur destin est le même : l’ennui. L’époque a changé, pourtant : M.A. est née dans les années 1950, dans un bourg de l’Isère, et toute sa vie aura pour cadre un monde en proie aux plus grands bouleversements.

Ca commence par mai 1968, qu’elle rate de peu, trop jeune d’un an ou deux, qui prépare le terrain de ses belles années estudiantines. Avec une excitation non dissimulée, M.A. quitte le foyer familial, théâtre d’une enfance banale mais heureuse, et s’installe à Lyon où elle entame des études d’économie pour la plus grande fierté de ses parents.… Lire la suite