La Baleine thébaïde de Pierre Raufast

baleine thébaïde - whale house - illustration

Cela fait déjà un moment que Pierre Raufast a séduit la blogosphère, avec ses deux premiers romans aux titres intrigants et qui claquent sous la langue, La Fractale des raviolis et la Variante chilienne. On y vante régulièrement sa loufoquerie, son esprit d’escalier, sa poésie douce et lucide… Raufast était de retour à la rentrée de janvier avec un troisième roman qui a encore une fois les honneurs des blogs, et qui disposait d’un argument de poids pour me faire sauter le pas : la mention en titre d’une énigmatique baleine

Cette baleine, qui sert dès le départ de moteur au récit, n’est certes pas comme les autres : nommée « baleine 52 » en référence à la fréquence unique, en kilohertz, sur laquelle elle module son chant, elle est observée depuis quelques années par la communauté scientifique, interpellée aussi son comportement inhabituel.… Lire la suite

En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

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C’est le succès de librairie surprise de la rentrée de janvier. Porté par un bouche-à-oreilles enthousiaste, loué par une bonne partie de la blogosphère avant d’être repéré par la presse, En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut est le genre de conte de fées éditorial qui fait rêver tout le monde : Bourdeaut, trente-cinq ans, se fait rembarrer par toutes les maisons d’éditions d’envergure, atterrit chez un petit éditeur (de qualité), Finitude, qui prévoit d’en tirer quelques centaines tout au plus, et finit par en vendre des camions entiers (entre 60 et 80.000 d’après les derniers chiffres que j’ai lus). Et par-dessus le marché, il a l’air super gentil, Olivier Bourdeaut, c’est le gendre idéal de ta maman croisé avec Philippe Douste-Blazy et un agent immobilier*.… Lire la suite

David Copperfield de Charles Dickens

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Comment s’attaquer à David Copperfield ? Comment dire quoi que ce soit de neuf, de pertinent, sur un classique comme celui-ci ? Comment éviter de se contenter de dire que oui, c’est génial, que cet énorme pavé de 1100 pages mérite bien son statut de classique incontournable de la littérature européenne ?

Prenons une voie de traverse : malgré ce statut d’écrivain incontournable, Dickens souffre chez nous d’une sale image. Dickens, c’est un écrivain qu’on utilise dans les petites classes du collège, avec des versions charcutées d’Oliver Twist ou de David Copperfield, dans lesquels on ne garde que des scènes caricaturales pour les faire ressembler à de petits romans d’aventure sans envergure.… Lire la suite