Scédase ou l’hospitalité violée d’Alexandre Hardy

Avant Corneille, avant Racine, il y eut Hardy. Si on ne lit plus beaucoup ce dramaturge auteur de plus de 600 pièces (dont une trentaine seulement a été conservée), si on le joue encore moins, c’est surtout parce que sa langue, nourrie de tournures à l’antique et d’effets de syntaxe qui déroutent le lecteur contemporain, est bien plus difficile que celle de ses successeurs de l’âge d’or du théâtre classique.

Scédase, courte pièce en cinq actes inspirée d’un chapitre de Plutarque évoquant le viol de deux jeunes femmes par des nobles Spartiates qu’elles ont accueillis conformément aux principes de l’hospitalité, commence d’ailleurs bien difficilement.… Lire la suite

Un homme effacé d’Alexandre Postel

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Quelqu’un avait dû calomnier Josef. K, car sans qu’il eût rien fait de mal, il fut arrêté un matin.

Vous reconnaissez la première phrase du Procès de Kafka, dans lequel Josef K., employé de bureau, qui se voit arrêté un matin pour un motif qu’il ignore – et qu’il ignorera jusqu’à sa mort. Le roman se conclut sur ces mots :

Comme un chien, dit-il, comme si la honte dût lui survivre.

Un homme effacé, premier roman d’Alexandre Postel, a quelques points communs avec ces deux extrêmités du roman de Kafka. Le dispositif de Postel, cependant, évoque plutôt la littérature américaine, et en particulier Philip Roth.Lire la suite