Les Fondamentaux de l’aide à la personne revus et corrigés de Jonathan Evison

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Sorti fin mars, Les Fondamentaux de l’aide à la personne revus et corrigés, petit dernier de chez Monsieur Toussaint Louverture, avait tout l’air d’être à part dans le génial catalogue de la maison d’édition bordelaise. Imaginez : on murmure sur la blogosphère et ailleurs qu’il s’agirait d’un feel-good book… Un de ces machins collants et mièvres, à l’intersection du développement personnel et de la littérature ? Pas possible ! Chez Monsieur Toussaint Louverture on est plutôt, habituellement, dans le camp de la thérapie par les électrochocs, et pas du genre à faire de gentils massages aux huiles essentielles au pauvre petit lecteur fatigué.… Lire la suite

La Maison dans laquelle de Mariam Petrosyan

La Maison Dans Laquelle - mariam petrosyan - dos

Car la Maison exige une forme d’attachement mêlé d’inquiétude. Du mystère. Du respect et de la vénération. Elle accueille ou elle rejette, gratifie ou dépouille, inspire aussi bien des contes que des cauchemars, tue, fait vieillir, donne des ailes… C’est une divinité puissante et capricieuse, et s’il y a bien quelque chose qu’elle n’aime pas, c’est qu’on cherche à la simplifier avec des mots. Ce genre de comportements se paie toujours. Voilà, maintenant que vous êtes prévenus, on peut continuer à discuter.

Je le paierai, cet article, puisque je m’apprête à essayer de mettre en mots cette Maison dans laquelle dont je viens tout juste de sortir, encore incertain quant à ce que j’y ai découvert, encore mal assuré quant à la façon de l’expliquer à ceux qui n’ont pas fréquenté ses couloirs obscurs.… Lire la suite

Demande, et tu recevras de Sam Lipsyte

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Demande, et tu recevras est le dernier roman en date à intégrer le catalogue déjà fourni de Monsieur Toussaint Louverture, sous cette couverture en carton brut qui le rend reconnaissable entre tous. Milo Burke, son personnage principal, rejoint ainsi une liste d’hommes qui tombent, comme si c’était cela finalement le fil directeur de ce qui pourrait être une collection à part entière dans le catalogue de l’éditeur. Karoo, Mailman, les ouvrages d’Exley ne sont que cela : des récits de chute, plus ou moins grandioses, plus ou moins prophétiques.

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Price de Steve Tesich

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On a découvert Steve Tesich il y a deux ans, lorsque les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont propulsé Karoo, immense roman publié au début des années 90, juste avant la mort de l’auteur, sur le devant de la scène. Fort de ce succès-surprise, la petite mais indispensable maison d’édition publiait cet automne Price, le premier roman de Tesich.

Ce hasard du calendrier éditorial nous force ainsi à lire l’oeuvre de Tesich à l’envers : le roman de la maturité avant l’oeuvre de jeunesse, le texte du crépuscule avant celui des grandes espérances. Il y a ainsi quelque chose de déstabilisant à découvrir dans Price une fraîcheur, une inspiration qu’on ne trouvait pas dans Karoo.… Lire la suite

Une putain de catastrophe de David Carkeet

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Au risque de répéter des évidences, commençons par un petit éloge : tout juste dix ans après leur création, on ne saurait plus se passer des éditions Monsieur Toussaint Louverture. Il devient même difficile de compter tous les auteurs de petits bijoux et de véritables chefs d’œuvre dénichés ces dernières années par la maison, de Juan Filloy à Steve Tesich en passant par Julien Campredon et Frederick Exley, avec par-dessus le marché une attention constante à l’objet-livre qui se fait bien trop rare ces temps-ci…

L’année dernière, cette petite équipe de génie a jeté son dévolu sur un roman de 1980 signé David Carkeet, Le Linguiste était presque parfait, dans lequel Jeremy Cook, linguiste exerçant dans un institut étudiant le développement du langage chez les nourrissons, se retrouvait à enquêter sur la mort suspecte d’un de ses collègues, avec pour seules armes ses connaissances en matière de double négation et d’énoncés performatifs.… Lire la suite

Karoo de Steve Tesich

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Relire est souvent un bonheur, mais c’est parfois un risque. Celui de découvrir que l’on s’est trompé, que l’on a changé, que notre appréciation de tel ou tel roman ne tenait qu’à l’humeur dans laquelle on était quand on l’a lu. Ce que l’on retient d’un roman tient toujours, forcément, du fantasme et de l’interprétation personnelle, mais devoir renoncer, après une relecture, à un roman que l’on a chéri, dont on pensait qu’il faisait partie de nous, est toujours un petit déchirement.

Au moment de relire Karoo, cependant, je n’avais aucune inquiétude. Il y a d’abord l’objet, un beau pavé à la couverture épaisse et au papier soyeux, soigneusement élaboré par les petites mains de chez Monsieur Toussaint Louverture, le genre d’éditeurs qu’on suivrait jusqu’au bout du monde tant chaque nouvelle publication ne fait que confirmer le bon goût et l’intelligence des choix de la maison.… Lire la suite