Danse d’atomes d’or d’Olivier Liron

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Quand O. rencontre Loren, il sait d’emblée que leur histoire sera, d’une manière ou d’une autre, de celles qui ne laissent pas indemne. Il n’est pas franchement à son avantage lorsqu’elle débarque dans une soirée qu’il passe chez des amis, en plein milieu d’une partie de jeu du post-it – si ça ne vous dit rien, pensez à cette scène d’Inglorious Basterds, où chacun doit deviner l’identité du personnage dont le nom est écrit sur une carte que l’on colle sur le front. Il a presque l’air crétin avec son post-it au nom d’Orphée collé sur le sien ; et il ne comprend même pas que Loren lui donne un indice en se collant elle-même un post-it au nom d’Eurydice.… Lire la suite

L’Affaire Arnolfini de Jean-Philippe Postel

L'Affaire Arnolfini - epoux arnolfini - van eyck

C’est un tableau que l’on connaît tous, que l’on a déjà vu des dizaines de fois – en reproduction ou en vrai, à la National Gallery de Londres où il est exposé depuis le milieu du XIXe siècle – ; un tableau qui semble à la fois relever de l’évidence et qui, pour peu qu’on le regarde de près, fait naître des abîmes de perplexité. Ce tableau, c’est celui des époux Arnolfini qu’a peint Jan Van Eyck au XVe siècle.

Si vous l’avez forcément vu, et que vous êtes sans doute au courant de l’analyse la plus simple du tableau, censé représenter un riche couple de marchands les Arnolfini, comme l’indique le titre (apocryphe) du tableau, et entourés de divers objets qui forment un réseau de symboles évoquant la vie conjugale – confort des pantoufles, fidélité du petit chien, etc -, peut-être n’êtes-vous pas familier, en revanche, des nombreuses questions qu’il suscite.… Lire la suite

Malicroix d’Henri Bosco

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De mon grand-oncle Malicroix je n’attendais rien. D’ailleurs, jamais personne n’avait rien attendu de lui. Nul ne l’avait rencontré depuis un demi-siècle. Terré en Camargue sur ses maigres terres, il incarnait pour nous la sauvagerie même. Ni bon, ni méchant, mais seul; c’est-à-dire inquiétant et peut-être terrible. Toutefois, séparés de lui par ce demi siècle d’absence sans rupture, nous n’avions jamais éprouvé la malfaisance de ces qualités redoutables dont notre imagination le parait. Il nous ignorait avec une sorte de mépris. Très magnifiquement il s’appelait Cornélius de Malicroix, et il était pauvre. Du moins on le disait. Son train de vie au milieu des étangs, en compagnie de quelques pâtres aussi durs et aussi sauvages que lui, pouvait le laisser croire, et on le croyait; car riche, eût-il vécu de cette vie farouche, et chichement, dans ce pays de la tristesse?

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