La Maternelle de Léon Frapié (Prix Goncourt 1904)

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Il y a quelques semaines je vous ai parlé de Force ennemie de John-Antoine Nau, premier roman à recevoir le prix Goncourt. C’était en décembre 1903, et c’était déjà un grand évènement scruté par tous les organes de presse. Aujourd’hui je vous propose d’avancer un an, au 7 décembre 1904, le jour où Léon Frapié reçut à son tour le Goncourt pour la Maternelle.

Contrairement à John-Antoine Nau, Frapié n’en est pas à son coup d’essai. Si c’est bien la Maternelle qui lui valut de devenir célèbre (440.000 exemplaires s’en seraient écoulés, ce qui en fait un succès comparable à ceux des Goncourt d’aujourd’hui), il s’agit de son troisième roman.… Lire la suite

Quand le diable sortit de la salle de bain de Sophie Divry

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Quand le diable sortit de la salle de bain a presque tout pour s’inscrire dans une veine de réalisme social passablement déprimant (et généralement peu créatif) : une narratrice qui peine sévèrement à boucler ses fins de mois depuis qu’elle est au RSA, qui court de rendez-vous à Pôle Emploi en appels téléphoniques à la CAF, avec pour personnages secondaires des proches qui font la sourde oreille et quelques bonnes âmes qui aident les plus nécessiteux.

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Les Soleils des Indépendances d'Ahmadou Kourouma

J’ai un problème avec la littérature francophone subsaharienne. A cause de certains a priori, peut-être, mais d’expérience j’y ai toujours trouvé des propriétés similaires, que l’on parle de littérature du Bénin, du Cameroun ou de Côte d’Ivoire – territoires pourtant vastes. Tout ce que je connais de cette littérature, ce sont des romans marqués au fer rouge par un genre très spécifique de réalisme social, où les préoccupations politiques sont toujours au premier plan. Il y  est nécessairement question de (dé)colonisation et de la lente marche vers l’indépendance totale et la prospérité – rien de plus normal d’ailleurs. Le tout sur fond de traditions qui constituent pour moi un véritable mur – j’aimerais en savoir plus, et peut-être devrais-je lire des essais sur la question si vraiment je voulais y comprendre quelque chose -, les références culturelles m’échappant toujours dans la mesure où les auteurs sont généralement assez peu explicites.… Lire la suite

David Copperfield de Charles Dickens

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Comment s’attaquer à David Copperfield ? Comment dire quoi que ce soit de neuf, de pertinent, sur un classique comme celui-ci ? Comment éviter de se contenter de dire que oui, c’est génial, que cet énorme pavé de 1100 pages mérite bien son statut de classique incontournable de la littérature européenne ?

Prenons une voie de traverse : malgré ce statut d’écrivain incontournable, Dickens souffre chez nous d’une sale image. Dickens, c’est un écrivain qu’on utilise dans les petites classes du collège, avec des versions charcutées d’Oliver Twist ou de David Copperfield, dans lesquels on ne garde que des scènes caricaturales pour les faire ressembler à de petits romans d’aventure sans envergure.… Lire la suite