Fonds perdus de Thomas Pynchon

Aujourd’hui est un grand jour puisqu’une malédiction vient d’être brisée : n’écoutant que mon courage, je suis venu à bout des 400 pages de Fonds Perdus, terminant par la même occasion mon premier Thomas Pynchon. C’est la fin d’une longue série noire qui m’a vu baisser les bras face à V. (trois fois dont deux en anglais), The Crying of lot 49, Mason & Dixon, Contre-Jour et L’Arc-en-ciel de la gravité.

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En suis-je fier ? Un peu. Est-ce que j’ai aimé ça ? Pas vraiment. Est-ce que je recommencerai ? J’en doute. Est-ce que je suis plus avancé maintenant ?… Lire la suite

Dancing with myself d’Ismaël Jude

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Du début de l’adolescence à l’âge adulte, Dancing with myself, premier roman d’Ismaël Jude, raconte les premiers émois et la découverte du désir et du plaisir de son jeune narrateur. Fils des propriétaires d’une discothèque du fin fond de la campagne normande, il vit ses premiers troubles au contact des couples qui s’unissent dans les recoins de la salle et des strip-teaseuses qui viennent occasionnellement animer les soirées. Un peu plus tard, il prendra du plaisir à observer en secret une cousine, Mina, puis découvrira pour de bon les plaisirs de la chair à Paris, où la vie nocturne lui offre mille possibilités.… Lire la suite

Bain de lune de Yanick Lahens

Sur la plage d’Anse Bleue, un petit village perdu au coeur d’Haïti, un pêcheur retrouve au matin une jeune femme échouée, à demi-noyée et manifestement victime d’une grande violence. Comment, pourquoi est-elle là, et que lui est-il arrivé ? La réponse est loin d’être simple : elle réside dans l’histoire de sa famille, les Lafleur, sur trois générations, et de leur éternelle rivalité avec les Mésidor.

Tout oppose en effet les deux clans : les Lafleur, famille de paysans et de pêcheurs, sont les gardiens de la tradition à Anse Bleue. Même si les colons les contraignent à se rendre à l’église tous les dimanches, ils restent en contact avec les dieux et les esprits d’autrefois.… Lire la suite

Price de Steve Tesich

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On a découvert Steve Tesich il y a deux ans, lorsque les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont propulsé Karoo, immense roman publié au début des années 90, juste avant la mort de l’auteur, sur le devant de la scène. Fort de ce succès-surprise, la petite mais indispensable maison d’édition publiait cet automne Price, le premier roman de Tesich.

Ce hasard du calendrier éditorial nous force ainsi à lire l’oeuvre de Tesich à l’envers : le roman de la maturité avant l’oeuvre de jeunesse, le texte du crépuscule avant celui des grandes espérances. Il y a ainsi quelque chose de déstabilisant à découvrir dans Price une fraîcheur, une inspiration qu’on ne trouvait pas dans Karoo.… Lire la suite

Le Météorologue d’Olivier Rolin

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«  Le trente juillet 1937, le « nabot sanguinaire » Nikolaï Iéjov, commissaire du peuple aux Affaires intérieures, avait signé l’ordre opérationnel n°00447 du NKVD déclenchant ce paroxysme de violence politique qui allait durer seize mois et rester dans l’Histoire sous le nom de « Grande Terreur », par opposition avec la Terreur qu’on pourrait dire normale, qui était jusque là le régime quotidien. Pendant ces seize mois terribles de la Iéjovchtchina, environ sept-cent-cinquante mille personnes sont fusillées (une moyenne de mille six cents exécutions par jour pendant les derniers mois de 1937), et à peu près autant envoyées dans les camps. 

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Le Puits d’Iván Repila

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Tout au fonds d’un puits de sept mètres de profondeur perdu au milieu de la forêt, deux jeunes garçons tentent de survivre. Face à la faim, le froid, la sécheresse puis les inondations, ils ne peuvent compter que sur leur soutien mutuel, et sur leur seul espoir : celui de sortir de ce piège. Alors, peut-être, comprendrons-nous comment ils s’y sont retrouvés…

De ce postulat assez abstrait, qui ne peut littéralement que tourner en rond, Ivan Repila tire un conte oppressant, qui fait ressentir physiquement l’étouffement des deux enfants. Dans un style qui mêle un réalisme cru à un onirisme torturé, Repila ne nous épargne rien, de la dégustation des mouches qui infestent le cadavre d’un oiseau tombé du ciel aux glissements par à-coups dans un délire claustrophobe.… Lire la suite

L’Odeur du Minotaure de Marion Richez

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Marjorie a vécu une ascension fulgurante. De sa petite ville de province étriquée, elle est passée aux grandes prépas parisiennes et à l’ENA, pour finir plume d’un ministre. Son passé est oublié, effacé, ses contacts avec ses parents, issus de la classe moyenne, ont été réduits à néant. Son premier amour, Thomas, fils de bourgeois bien conscient de sa supériorité de classe, elle l’a enterré le jour où elle a quitté son appartement avec fracas, menaçant de le tuer s’il manifestait encore une fois du mépris pour sa condition sociale.

L’oubli, évidemment, a un prix : pour faire disparaître la petite fille qu’elle était, Marjorie a dû se construire une armure à toute épreuve.… Lire la suite

Excelsior d’Olivier Py

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Mais est-ce que les tombes ne sont pas toujours fausses, qu’elles soient en marbre ou en carton ? Les tombes essayent de donner une idée de la mort, plus exactement essayent de faire de la mort une idée, elles idéalisent le cycle de la décomposition et schématisent les monstruosités cadavériques, les cimetières nous apprennent que la mort est tout sauf naturelle. Il le savait déjà du désir sexuel qui n’est qu’une littérature répétitive, mais c’est le calme du couple main dans la main cherchant à déchiffrer les noms effacés qui lui apprend que la mort est aussi une invention des lettres.

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L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage d’Haruki Murakami

Keith haring

En refermant le troisième et dernier tome d’1Q84, je me suis dit qu’il me faudrait un moment avant de rouvrir un livre de Murakami. Alors que j’avais grandement apprécié la Course au mouton sauvage ou les Chroniques de l’oiseau à ressort, cette trilogie qui traînait en longueur, remplie d’incohérences et de pistes abandonnées en cours de route, m’a plutôt dégoûté des visions oniriques du plus célèbres des écrivains contemporains du Japon.

Puis, sachant que ce serait une toute autre affaire, je me suis laissé tenter par Underground, son excellent travail autour des attentats au gaz sarin dans le métro de Tokyo.… Lire la suite

Le Soleil de Jean-Hubert Gailliot

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Dans les îles grecques le soleil brille comme nulle part ailleurs : sa lumière semble chauffée à blanc, et rien dans le paysage ne semble lui offrir de prise. Les ombres sont comme effacées, annulées. Le Soleil, qui commence entre Mykonos et Délos, n’est pourtant fait que de zones d’obscurité, de faux-semblants fantomatiques et de nébulosités.

On y suit Alexandre Varlop, héros qui peine à s’incarner, occasionnellement à la recherche de son ombre qu’il croit disparue, et qui se trouve à Mykonos suite à la demande d’une amie éditrice. Celle-ci lui a offert 50.000€ pour partir à la recherche d’un manuscrit mythique, le Soleil, dont l’auteur reste inconnu mais qui serait passé entre les mains de Man Ray, d’Ezra Pound et de Cy Twombly, marquant durablement leur productions.… Lire la suite