Le Bourgeois de Paris de Fiodor Dostoïevski

Paris en 1860 par Edouard Willmann

Au début des années 1860, Fiodor Dostoïevski quitte sa Russie natale pour la première fois et entreprend un voyage de deux mois et demi en Europe Occidentale. Son périple comprend de longues étapes en Angleterre et en France, patries de Victor Hugo et de Shakespeare qu’il a lus assidûment dans sa jeunesse.

Lorsqu’il commence ce voyage, Dostoïevski n’est cependant déjà plus un jeune homme, et il découvre les capitales européennes avec le regard d’un homme plein d’expérience . Les notes qu’il ramène de ses visites, publiées dans une revue en 1863 et dont les éditions Payot proposent ici des extraits évoquant Londres et Paris, sont loin de constituer un guide du touriste émerveillé de ces deux grandes villes ; elles se composent plutôt de remarques sur l’état de la pensée et des moeurs occidentales.… Lire la suite

Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine

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Au fait, lecteur, je vous le dis
Je chante ici un jeune ami
Et ses facéties nombreuses.
Bénis ma tâche laborieuse
Ô toi, Muse de l’épopée
Mets-moi un bâton sûr en main
Pour que je suive le droit chemin.

En voilà un prologue classique, compassé, qui doit annoncer un texte poussiéreux et démodé, pensez-vous peut-être… Sauf que Pouchkine ne pense à l’insérer dans son ouvrage qu’au bout de cent cinquante pages environ, et qu’il termine par ce pied-de-nez :
Mais ça suffit. Bas le fardeau !
Le classicisme, j’ai honoré,
Bien tard, mais le prologue est fait.

Car si Eugène Onéguine est un roman en vers, genre dont on pourra craindre l’académisme fastidieux, il est pourtant empreint d’une fantaisie débridée, l’auteur le concevant comme une récréation auquel il consacre quelques heures de temps en temps pendant cinq années entières.… Lire la suite

Une journée d’Ivan Denissovitch d’Alexandre Soljenitsyne

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Publié en 1962, Une journée d’Ivan Denissovitch est le premier roman d’Alexandre Soljenitsyne et reste un des plus connus. Conçu dès le début des années 1950, alors que Soljenitsyne est détenu à Ekibastouz (dans l’actuel Kazakhstan), il revient, comme l’Archipel du goulag, sur son séjour dans les camps de travail de l’URSS de Staline. Une journée d’Ivan Denissovitch n’est pas, pour autant, un témoignage ou un récit autobiographique puisque Soljenitsyne n’y apparaît pas mais met en scène un personnage inspiré d’un ancien compagnon d’armée, Ivan Denissovitch Choukhov. Dans le roman, celui-ci a été condamné à dix ans de goulag pour avoir été fait prisonnier par les allemands pendant la guerre – sa capture, suspecte, ayant été considérée comme une désertion.… Lire la suite