La Supplication de Svetlana Alexievitch

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Nous craignions la bombe, le champignon nucléaire et les choses ont pris une autre tournure… Nous savons comment brûle une maison incendiée par une allumette ou un obus… Mais ce que nous voyions ne ressemblait à rien… Les rumeurs disaient que c’était le feu céleste. Et même pas un feu, mais une lumière. Une lueur. Un rayonnement. Le bleu céleste. Et pas de fumée. Avant cela, les scientifiques étaient des dieux. Maintenant, ce sont des anges déchus. Des démons ! La nature humaine demeure toujours un mystère pour eux. Je suis russe. Je suis né près de Briansk. Chez nous, les vieux sont assis sur le seuil de leurs maisons de guingois qui ne vont pas tarder à tomber en ruine, mais ils philosophent, réorganisent le monde.

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Le Météorologue d’Olivier Rolin

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«  Le trente juillet 1937, le « nabot sanguinaire » Nikolaï Iéjov, commissaire du peuple aux Affaires intérieures, avait signé l’ordre opérationnel n°00447 du NKVD déclenchant ce paroxysme de violence politique qui allait durer seize mois et rester dans l’Histoire sous le nom de « Grande Terreur », par opposition avec la Terreur qu’on pourrait dire normale, qui était jusque là le régime quotidien. Pendant ces seize mois terribles de la Iéjovchtchina, environ sept-cent-cinquante mille personnes sont fusillées (une moyenne de mille six cents exécutions par jour pendant les derniers mois de 1937), et à peu près autant envoyées dans les camps. 

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A qui la faute ? de Sophie Tolstoï

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Suite à la publication en 1891 de la Sonate à Kreutzer, un court roman de son mari Léon dont je parlais il y a quelques jours, Sophie (ou Sofia) Tolstoï écrit son seul et unique roman : A qui la faute ? Celui-ci se veut une réponse au texte très pessimiste de Tolstoï et est construit en miroir par rapport à celui-ci : l’histoire est presque la même, celle d’un couple dont le mariage va se révéler désastreux, se concluant par la mort de l’épouse, malgré l’amour qui unissait au départ les deux conjoints. Mais si Tolstoï permettait au mari de livrer à la première personne sa vision de l’histoire, Sophie va plutôt adopter le point de vue de la femme, Anna.… Lire la suite

La Sonate à Kreutzer de Léon Tolstoï

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Quand on traverse la Russie en train, mieux vaut avoir de quoi s’occuper ou bien tomber sur des voisins à la langue bien pendue. Le narrateur de La Sonate à Kreutzer a beaucoup de chance de ce côté là puisque dès le début de son voyage s’engage une conversation entre les passagers de son compartiment, et le sujet abordé semble inépuisable : l’amour. On s’étonne de l’augmentation du nombre de divorces, on se félicite du recul des mariages arrangés, on loue l’amour comme dans une charmante pastorale. Mais voilà qu’un malotru, qui depuis le début du voyage n’a produit qu’un bruit étrange entre le râle et le ricanement, vient jeter un froid en prétendant que l’amour n’existe pas, qu’il n’est qu’une attraction physique éphémère.… Lire la suite

Le Train Zéro de Iouri Bouïda

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Chaque nuit, les cent wagons et les quatre locomotives du Train Zéro traversent la station neuf dans un fracas métallique. Pour assurer la sécurité de ce passage quotidien, une poignée de travailleurs ont été envoyés peupler le hameau créé de toutes pièces autour de la gare. Ils ne savent pas ce que transporte le train, ni quelle est sa destination, seulement qu’ils doivent maintenir la voie en état, surtout le grand pont que doit emprunter le convoi après la station.

Le Train zéro c’est donc, avant l’histoire de ce train mystérieux, celle de ces quelques travailleurs perdus dans une plaine au beau milieu de la Russie.… Lire la suite

Le Pingouin d’Andreï Kourkov

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A quoi pouvait ressembler la vie dans un pays de l’ex-URSS, quelques années après l’éclatement du bloc soviétique ? Comment un pays comme l’Ukraine a-t-il pu traverser cette période de transition et de reconstruction ? Voilà des questions que l’histoire contemporaine aborde peu, et qui sont pourtant passionnantes. Etant trop jeune pour avoir vécu en direct l’évolution de ces pays  juste après leur indépendance, j’étais particulièrement intéressé par Le Pingouin, de l’auteur ukrainien d’expression russe Andreï Kourkov, censé peindre « un tableau impitoyable de l’ex-Union Soviétique ».

Pour cette plongée dans la société ukrainienne des années 90, Kourkov choisit de se focaliser sur Victor Zolotarev, un écrivain raté qui, pour gagner sa croûte, accepte de travailler pour la rubrique nécrologique d’un quotidien.… Lire la suite