Je me souviens de l’imperméable rouge que je portais l’été de mes vingt ans de Lydia Flem

Je me souviens de l'imperméable rouge que je portais l'été de mes vingt ans - flem - corset

Quand j’ai reçu à la bibliothèque Je me souviens de l’imperméable rouge que je portais l’été de mes vingt ans, dont j’avais entendu de bons échos, je l’ai feuilleté distraitement, ai picoré de-ci de-là quelques fragments, et l’ai remisé aussitôt dans un coin, en me disant qu’il était n’était sans doute pas très utile de lire un petit bouquin qui ne faisait que reprendre strictement le principe des Je me souviens de Perec. Certes, le texte de Perec reste inépuisable et il constitue un modèle qu’il est très facile et amusant de s’approprier (c’est même un exercice fort pratique pour travailler l’autobiographie avec des élèves de troisième) ; mais de là à en faire des livres…

Comme je suis tout de même un peu curieux, j’ai fini par me pencher un peu plus sérieusement sur le cas de ce nouveau Je me souviens, désireux de comprendre peut-être ce qui lui valait tant d’éloges.… Lire la suite

Sur la scène intérieure de Marcel Cohen

Ce qu’on appelle le devoir de mémoire est devenu depuis quelques années un prétexte à littérature essentiel. On ne compte plus les romans mettant en scène des personnages partant à la recherche de traces de leurs parents, grands-parents, tantes, grands-oncles envoyés dans les camps de la mort. Les romanciers les plus audacieux racontent même directement la vie dans les camps, sans utiliser le prisme du souvenir. C’est presque devenu un genre à part entière, et cela donne lieu à une production des plus inégales, où les véritables perles sont rares – notamment parce qu’il est difficile de se mesurer à la parole des survivants, qui nous ont laissé des textes d’une puissance inégalable.… Lire la suite

Les Oubliés de Christian Gailly

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Je n’avais jamais lu de roman de Christian Gailly, auteur pourtant réputé qui nous a quittés à 70 ans en octobre dernier. Cette lacune est désormais réparée puisque je viens de terminer un de ses derniers romans, Les Oubliés. Ca fait toujours drôle de découvrir un auteur juste après son décès, d’autant plus quand, comme ici, le roman traite de sujets douloureux comme la vieillesse, l’oubli et la mort.

Plus précisément, ces oubliés dont parle le titre, ce sont ces personnalités plus ou moins célèbres à une époque qui ont soudain disparu des radars. Deux journalistes, Albert Brighton et Paul Schooner, en ont fait leur fonds de commerce : ils rencontrent et interviewent des artistes perdus de vue.… Lire la suite