Refuges de Léon-Paul Fargue

refuges - leon paul fargue - illustration moulin rouge

Au terme de sa vie, Léon-Paul Fargue ajouta à son imposante bibliographie, essentiellement composé de recueils de poésie, une poignée de petits ouvrages, entre la chronique et l’essai, parmi lesquels figurent deux livres de souvenirs sur Paris : le Piéton de Paris et Refuges.

Fargue, né en 1876 est évidemment un témoin privilégié pour explorer le Paris bohème de la première moitié du vingtième siècle. Lui qui fut un familier de Mallarmé et un grand ami de Ravel, qui était en train de déjeuner avec Picasso quand il fut frappé de l’attaque qui le laissa hémiplégique jusqu’à sa mort, a mille anecdotes à conter à la fois sur Paris et sur ses habitants les plus notoires.… Lire la suite

Dans la jungle d’Agnes Vannouvong

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Dans la jungle thaïlandaise, May chemine. Dans les pas de Say, son guide, elle accomplit un pèlerinage tout ce qu’il y a de plus personnel. Son passé s’inscrit doublement dans ce paysage qu’elle n’a pourtant jamais vu. Ce voyage, elle le fait d’abord pour Stéphane, l’ami de toujours décédé quelques temps plus tôt au cours d’un trek et dans des circonstances troubles. Mais la Thaïlande est aussi son pays d’origine, celui où elle a vu le jour et celui où sa mère a longtemps vécu.

Au fil de la marche mille souvenirs émergent, du goût de Stéphane pour la solitude aux réminiscences de l’enfance, en passant par les années troublés, au Laos , qui précédèrent la naissance de May.… Lire la suite

L’Âge des lettres d’Antoine Compagnon

Roland Barthes - l'Âge des lettres

Jusqu’à tout récemment, Antoine Compagnon et moi n’étions pas très copains. Je lui tenais un peu rigueur de son essai le Démon de la théorie, douloureux souvenir de lecture en deuxième ou troisième année de licence. Je ne me souviens d’ailleurs pas très bien du contenu de ce livre – je me demande si j’étais parvenu à la terminer – mais il hante encore mes cauchemars. Il était donc grand temps que je me réconcilie avec cette grande figure des lettres, et quoi de mieux pour cela qu’un livre bien plus personnel et beaucoup moins aride que le précédent ?… Lire la suite

Au bord des fleuves qui vont d’Antonio Lobo Antunes

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J’ai lu pour la première fois Antonio Lobo Antunes. J’étais prévenu : la langue d’Antunes est bien particulière, un long fleuve qui a ses propres règles, qui peut déconcerter, déstabiliser, que beaucoup trouvent inaccessible. Un style qui demande de la concentration, extrêmement exigeant. Et en effet, dès la première page, ce style s’impose au lecteur : des phrases étalées sur des chapitres entiers, entrecoupées de lignes de dialogues isolées, qui voguent au gré de la pensée de l’auteur, bifurquent, sautent d’un souvenir à l’autre, de sensations en sensations.

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Le Chardonneret de Donna Tartt

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La vie de Theo Decker vole en éclats un beau matin dans un musée New-Yorkais. Alors qu’il découvre une exposition autour de maîtres de la peinture flamande avec sa mère, férue d’histoire de l’art, une bombe explose. Sa mère trouve la mort. Lui ressort du musée, hébété, avec sous le coude une toile d’une immense valeur qu’il n’avait pas vraiment l’impression de voler, mais plutôt de protéger : le Chardonneret de Carel Fabritius. A mesure qu’il tente de reconstruire sa vie, et jusqu’à l’âge adulte, ce tableau ne cessera de le hanter.

On a évidemment tout lu sur le Chardonneret de Donna Tartt et l’édition Abacus que j’ai achetée ne permet à aucun moment d’oublier le torrent d’éloges qui a accompagné sa sortie.… Lire la suite

Passé imparfait de Julian Fellowes

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Vous qui ne manquez jamais un épisode de Downton Abbey, qui tremblez et trépignez pour les Crawley, qui avez rêvé pendant trois saisons de voir enfin Mary et Matthew heureux (spoiler pour ceux qui ont du retard : n’espérez pas trop), vous qui avez par ailleurs un faible pour le magistral Gosford Park de Robert Altman, Passé imparfait est fait pour vous puisque son auteur n’est autre que le scénariste de la série et du film en question et que vous y retrouverez tout ce qui en fait le charme.

La période, seule, change : nous ne sommes plus ici dans l’époque édouardienne, comme au début de Downton Abbey, ni dans les années 30, comme dans Gosford Park, mais dans les années 60.… Lire la suite