L’Opium du ciel de Jean-Noël Orengo

drone-en-2017 - l'opium du ciel

Rien ne fait peur à Jean-Noël Orengo. Après avoir publié en 2015 la Fleur du Capital, un premier roman énorme à tous points de vue (800 pages aussi pleines de décrochages et de variations stylistiques qu’un chant polyphonique corse pour livrer une analyse de Pattaya, Mecque du tourisme sexuel en Thaïlande, sous le prisme de la domination capitaliste), le voilà de retour avec l’Opium du ciel, un roman plus bref mais dont le narrateur se trouve être un drone nommé Jérusalem qui se voit soudain doué de conscience.

Drôle de défi que de concevoir un roman pris en charge par ce narrateur, quasi omniscient puisque placé dans une situation de surplomb permanent mais dont les questionnements vis-à-vis de sa propre identité de machine pensante sont légion.… Lire la suite

L’arbre du pays Toraja de Philippe Claudel

danse macabre - l'arbre du pays toraja

L’autre jour encore, je ne connaissais pas Philippe Claudel. Enfin, bien sûr, je connaissais son nom, je le savais auteur du Rapport de Brodeck dont on me dit depuis longtemps le plus grand bien, je savais qu’il était membre du jury Goncourt et lauréat du prix Renaudot en 2003, mais je n’avais jamais ouvert un de ses livres. Je me réjouissais donc de le découvrir enfin avec son dernier texte au titre évocateur, l’Arbre du pays Toraja, qui a de plus été agréablement reçu par la blogosphère littéraire.

Mais rien ne s’est passé comme prévu. Il a suffi de trois pages.… Lire la suite

La Baleine dans tous ses états de François Garde

migaloo

Une confession d’abord : je voue une passion presque déraisonnable aux baleines. S’il existait une religion vouant son culte à une déesse-baleine, j’en ferais partie ; voire, je serais capable de la fonder. La liturgie consisterait en une adoration sans fin de sa puissance, sa taille, sa beauté, et se complèterait par quelques à-côtés du type messes noires autour du squelette de la baleine des Basques du Muséum d’Histoire Naturelle, guerre de religion contre les mécréants la chassant et pèlerinage annuel sur les côtes desquelles on peut apercevoir la reproduction des géantes.

Aussi, lorsque j’ai vu que François Garde, dont j’ai beaucoup aimé le premier roman, Ce qu’il advint du sauvage blanc, sortait un livre intitulé La Baleine dans tous ses états, j’ai su qu’il était fait pour moi.… Lire la suite

Le Paradis retrouvé d’Halldór Laxness

Suite à ma découverte d’Halldór Laxness (voir l’article d’hier sur la Cloche d’Islande), j’ai emprunté un de ses romans plus tardifs, postérieur à son obtention du Nobel, Le Paradis retrouvé. Avant de parler du roman lui-même, une remarque en aparté qui viendra compléter mon regret de ne pas voir plus des oeuvres de cet auteur éditées en France : la traduction qui nous est proposée par Gallimard n’a pas pour langue source l’islandais mais l’anglais. Nous sommes donc en présence de la traduction d’une traduction,  procédé il faut l’avouer assez douteux même si l’on pourra dire en clichetonnant un peu que même sans langue intermédiaire, traduire c’est trahir.… Lire la suite