Les lauriers sont coupés d’Edouard Dujardin

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Edouard Dujardin est une note de bas de page dans l’histoire de la littérature mondiale. A peine plus. C’est triste, mais c’est comme ça – et si on y réfléchit bien, c’est déjà pas si mal. Car de cet auteur qui traversa la fin du dix-neuvième siècle et la première moitié du vingtième et qui s’illustra aussi bien comme dramaturge, comme romancier que comme poète, ne reste dans la mémoire de quelques-uns qu’une longue nouvelle ou un court roman, les Lauriers sont coupés.

Pourquoi ce texte en particulier, vous demandez-vous peut-être ? Tout simplement parce que Dujardin y a invité un procédé qui allait devenir presque cinquante ans plus tard la base du stream of consciousness anglais et donc de quelques immenses romans, de Mrs Dalloway à Ulysses. Lire la suite

Au bord des fleuves qui vont d’Antonio Lobo Antunes

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J’ai lu pour la première fois Antonio Lobo Antunes. J’étais prévenu : la langue d’Antunes est bien particulière, un long fleuve qui a ses propres règles, qui peut déconcerter, déstabiliser, que beaucoup trouvent inaccessible. Un style qui demande de la concentration, extrêmement exigeant. Et en effet, dès la première page, ce style s’impose au lecteur : des phrases étalées sur des chapitres entiers, entrecoupées de lignes de dialogues isolées, qui voguent au gré de la pensée de l’auteur, bifurquent, sautent d’un souvenir à l’autre, de sensations en sensations.

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Manhattan Transfer de John Dos Passos

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Il y avait Babylone et Ninive. Elles étaient construites en briques. Athènes était toute de colonnes de marbre et d’or. Rome reposait sur de grandes voûtes en moellons. A Constantinople, les minarets flambent comme de grands cierges, tout autour de la Corne d’Or… L’acier, le verre, la brique, le béton seront les matériaux des gratte-ciel. Entassés dans l’île étroite, les édifices aux mille fenêtres se dresseront étincelants, pyramides sur pyramides, sommets de nuages blancs au-dessus des nuages.

New York, terre promise et symbole du rêve américain. Au poste d’Ellis Island, sous le regard de la statue de la Liberté, des milliers d’Européens cherchent à rejoindre la ville où tout est possible et où, dans les années 1900, les gratte-ciel commencent à pousser, battant record sur record et annonçant ce qui semble être une nouvelle ère.… Lire la suite

Fan man de William Kotzwinkle

fan man- big lebowski

L’autre jour, mec, j’étais dans ma turne, je cherchais à attraper un bouquin sans faire tomber une des piles venues tout droit de la bibliothèque, je passe tout en revue, mec, Chevillard Franzen Balzac Oates, Kotzwinkle ouais mec, pourquoi pas, c’est Pharefelue qui me l’a recommandé, j’attaque, je plonge, terrible, mec, tout de suite je sens AAAAAAUUUUUUUUUUMMMMMM que la musique du Fan Man s’accorde à la note de mon dalaï-lama intérieur, je suis barré loin, mec, comme si j’avais fumé une bonne dose de papaye médicinale cultivée par des paysannes virginales des hauts plateaux afghans. Un sacré voyage, mec.

Si le style de cet affligeant pastiche (on fait ce qu’on peut) vous crispe (mec), sachez que vous n’êtes pas faits pour Fan Man.… Lire la suite