L’Opium du ciel de Jean-Noël Orengo

drone-en-2017 - l'opium du ciel

Rien ne fait peur à Jean-Noël Orengo. Après avoir publié en 2015 la Fleur du Capital, un premier roman énorme à tous points de vue (800 pages aussi pleines de décrochages et de variations stylistiques qu’un chant polyphonique corse pour livrer une analyse de Pattaya, Mecque du tourisme sexuel en Thaïlande, sous le prisme de la domination capitaliste), le voilà de retour avec l’Opium du ciel, un roman plus bref mais dont le narrateur se trouve être un drone nommé Jérusalem qui se voit soudain doué de conscience.

Drôle de défi que de concevoir un roman pris en charge par ce narrateur, quasi omniscient puisque placé dans une situation de surplomb permanent mais dont les questionnements vis-à-vis de sa propre identité de machine pensante sont légion.… Lire la suite

La Théorie de l’information d’Aurélien Bellanger

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A la rentrée 2012, la Théorie de l’Information était le premier roman qu’il fallait absolument lire. Aurélien Bellanger, 32 ans à l’époque, ne s’était jusque là fait remarquer que pour un essai sur Houellebecq, et les comparaisons avec celui-ci pleuvaient. A l’exception d’une poignée de voix qui jugeaient le roman trop technique, les louanges étaient unanimes. De mon côté, je me demandais en quoi l’histoire de Xavier Niel, patron de Free – rebaptisé pour l’occasion Pascal Ertanger – pouvait m’intéresser. Plus tard, le relooking très germano-pratin de Belanger pour la rentrée 2014 avait fini de me convaincre qu’il s’agissait avant tout d’une histoire de marketing… Mais à l’occasion de la sortie en poche de la Théorie de l’information, je me suis tout de même dit qu’il était temps de me faire un avis plus sûr.… Lire la suite

Beast d’Elsa Boyer

cosmopolis

Beast, la nouvelle voiture du président, roule de meeting en conférence et de sommet en plateau télé. C’est à la fois une mécanique intelligente, une forteresse imprenable et un lieu de réunion ; un sas de décompression insonorisé à l’écart du monde réel.

A son bord, donc, un président aux contours flous, porté au pouvoir par ce qui semble être une petite machination mesquine. Il n’a pas de nom, et ses deux bras droits non plus : chacun est affublé d’un pseudonyme, comme dans une histoire d’espionnage.Tandis que lui, le coq, est à l’abri dans son « tank d’apparat », le rat et le cheval sont rattrapés par les petites embrouilles qui ont permis son élection, dont on ne connaîtra pas les tenants ni les aboutissants.… Lire la suite