Hector d’Antoine de Montchrestien

Tout comme Scédase d’Alexandre Hardy, le Hector de Montchrestien figure dans le premier volume de l’anthologie du Théâtre du XVIIe siècle de la Pléiade. Ecrit et joué la même année, en 1604, Hector est d’un abord plus facile, la langue semblant moins vieillie, mais se révèle rapidement bien plus archaïque dans la façon d’envisager l’art de la scène.

Si l’on s’intéresse à l’histoire du théâtre, cela ne manque pas d’intérêt : on pourra notamment relever le rôle très important du chœur, qui évoque encore fortement le modèle antique dont s’éloignera le théâtre baroque puis classique. On pourra aussi trouver étonnant de voir Montchrestien adopter si fermement le point de vue des Troyens, faisant notamment du grec Achille un méprisable traître quand on est plutôt habitué à le voir traité en héros. … Lire la suite

Scédase ou l’hospitalité violée d’Alexandre Hardy

Avant Corneille, avant Racine, il y eut Hardy. Si on ne lit plus beaucoup ce dramaturge auteur de plus de 600 pièces (dont une trentaine seulement a été conservée), si on le joue encore moins, c’est surtout parce que sa langue, nourrie de tournures à l’antique et d’effets de syntaxe qui déroutent le lecteur contemporain, est bien plus difficile que celle de ses successeurs de l’âge d’or du théâtre classique.

Scédase, courte pièce en cinq actes inspirée d’un chapitre de Plutarque évoquant le viol de deux jeunes femmes par des nobles Spartiates qu’elles ont accueillis conformément aux principes de l’hospitalité, commence d’ailleurs bien difficilement.… Lire la suite

La Ville dont le prince est un enfant d’Henry de Montherlant

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Dramaturge et romancier à succès, élu à l’Académie sans même avoir posé sa candidature, auteur d’un cycle romanesque, Les Jeunes Filles, vendu à des millions d’exemplaires, Henry de Montherlant est depuis son suicide en 1972 tombé dans un oubli relatif. De son roman, on n’entend presque jamais parler ; de son théâtre, on évoque parfois la tragédie La Reine morte et de La Ville dont le prince est un enfant, pièce ébauchée dès 1912 mais publiée en 1951, puis remaniée plusieurs fois, succès immédiat qui vaut à Montherlant d’être sollicité par la Comédie Française alors qu’il rechigne à la faire représenter sur scène.… Lire la suite

Le Quatrième Mur de Sorj Chalandon

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Après avoir décroché le grand prix de l’Académie Française avec Retour à Killybegs en 2011, Sorj Chalandon est, dit-on, un des candidats les mieux placés dans la course au Goncourt avec Le Quatrième Mur. Considérant qu’il est le premier des romans de la sélection des amis de chez Drouant que je lis, je ne me prononcerai pas sur ses chances même s’il me semble qu’il ferait un bien beau Goncourt.

Le Quatrième Mur nous plonge au coeur de la guerre du Liban, au début des années 80, avec pour guide Georges, un jeune metteur en scène de la génération mai 68.… Lire la suite