Les Prépondérants d’Hédi Kaddour

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Tunisie, années 20. La petite ville imaginaire de Nabhès, où vivent en assez bonne intelligence colons et natifs, est sur le point d’être bouleversée par la venue d’une équipe de tournage américaine venue chercher un peu d’exotisme à mettre en boîte. Avec le réalisateur, les acteurs et les techniciens qui arrivent en masse, c’est un grand vent de modernité qui va souffler sur Nabhès, ravivant au passage quelques tensions et permettant au jeune Raouf, fils de commerçant, d’accomplir son destin.

Voilà un roman dont j’aurais peut-être bien oublié de parler s’il n’avait pas finalement obtenu le Grand Prix du Roman de l’Acédémie Française de cette année, ex aequo avec 2084 de Boualem Sansal.… Lire la suite

Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine

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Au fait, lecteur, je vous le dis
Je chante ici un jeune ami
Et ses facéties nombreuses.
Bénis ma tâche laborieuse
Ô toi, Muse de l’épopée
Mets-moi un bâton sûr en main
Pour que je suive le droit chemin.

En voilà un prologue classique, compassé, qui doit annoncer un texte poussiéreux et démodé, pensez-vous peut-être… Sauf que Pouchkine ne pense à l’insérer dans son ouvrage qu’au bout de cent cinquante pages environ, et qu’il termine par ce pied-de-nez :
Mais ça suffit. Bas le fardeau !
Le classicisme, j’ai honoré,
Bien tard, mais le prologue est fait.

Car si Eugène Onéguine est un roman en vers, genre dont on pourra craindre l’académisme fastidieux, il est pourtant empreint d’une fantaisie débridée, l’auteur le concevant comme une récréation auquel il consacre quelques heures de temps en temps pendant cinq années entières.… Lire la suite