Icare au labyrinthe de Lionel-Edouard Martin

icare au labyrinthe - illustration - carte

Ils sont deux, lancés sur un road trip qui les emmènera de Paris à l’Auvergne en passant par la Touraine et le Poitou. Deux personnages bien trempés, bien différents aussi : entre la jeune et blonde Palombine, effrontée et taquine, et le narrateur, un romancier et poète confidentiel et souvent en proie au doute, qui ressemble fort à Lionel-Edouard Martin, rien de commun ou presque. Ils se connaissent d’ailleurs à peine, mais quelles meilleures conditions qu’un voyage en voiture de plusieurs centaines de kilomètres, émaillé de haltes dans les restaurants de bord de nationale, pour découvrir l’autre ?

Dans Icare au labyrinthe, road-trip dominé par les dialogues entre Palombine et l’auteur, on se déplace aussi bien sur les routes de France que dans le temps, le parcours étant borné par des lieux marquant l’évolution du narrateur – du village de sa grand-mère aux maisons de campagne de certains proches amis.… Lire la suite

Voyage au centre de Pierre Patrolin

voyage au centre - illustration, centre de la terre (schéma)

Depuis la Montée des cendres en 2013, j’ai décidé que je suivrais Pierre Patrolin n’importe où. Que ce soit pour une traversée de la France à la nage – son premier roman -, pour une longue errance en voiture ou pour toute autre expédition qu’il voudrait mettre sur pied à l’avenir, je signe les yeux fermés. C’est dons sans la moindre hésitation, et sans même me renseigner sur le programme, que je l’ai accompagné pour ce nouveau Voyage au centre. Mais au centre de quoi, d’ailleurs?

C’est bien là toute la question car si la quatrième de couverture fait explicitement référence au centre de la terre – nous ramenant forcément à Jules Verne -, on se demande dès les premières pages par quel miracle on pourrait bien s’y rendre, dans la mesure où la silhouette qui nous sert de héros semble avoir bien du mal à dépasser le stade du réveil difficile et du café matinal.… Lire la suite

Continuer de Laurent Mauvignier

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Au départ, il y a un réveil brutal. Émergeant de leurs tentes igloo plantées dans la terre rocailleuse des montagnes du Kirghizistan, Samuel et Sibylle se retrouvent face à un groupe d’hommes des plus menaçants. La mère et le fils remballent toutes leurs affaires à la hâte, espérant qu’une fois montés sur leurs chevaux, ils pourront échapper aux regards et aux questions pressantes de ces inconnus aux intentions douteuses.

Au départ, donc, on est en terre tout à fait inconnue. Le Kirghizistan, qu’on essaye de placer vite fait sur une carte mentale – sans doute pas bien loin des autres pays en -stan, pas très loin de la Chine non plus, voilà -, qu’on essaye de visualiser – ça doit être pelé, des montagnes abruptes et des glaciers, bon -, c’est le dépaysement assuré.… Lire la suite

Dans la queue le venin de Claro

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Dans l’avion qui l’emporte, que dis-je, qui la transporte jusqu’aux portes d’Istanbul, la fringante Pomponette Iconodoule – et je te jure, lecteur, que c’est là son véritable alias ! – s’interroge. Et par là même interroge en elle tout locataire d’ici-bas voué aux errances. Elle se demande bien, se demande mal aussi, pourquoi elle a choisi, en guise de destination, pour ne pas dire de destinée, Istanbul plutôt que Culmont-Chalandrey ou Chicago, quand soudain ! cliqueti cliqueta ! un bruit de glaçons qui dansent, de bouteilles riquiquis qui cliquettent (tels de tintinnabulesques clitoris, pense, musicale, Pomponette), le frou-frou celluloïdal de micro sandwiches emballés, les puissants bâillements des journaux internationaux déployant leurs ailes mouchetés de caractères noirs et boursiers, bref, une symphonie qu’aucune baguette ne saurait dompter et qui s’accompagne d’une ola d’affamés humains entassés dans l’habitacle de l’avion().

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